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De l’inspection en classe à l’entretien professionnel

lundi 28 novembre 2011

l’inspection en classe serait remplacée par une évaluation de la valeur professionnelle. Ce que nous en pensons…

De l'inspection en classe à l'entretien professionnel
De l'inspection en classe à l'entretien professionnel

Ce qui changerait


Un entretien professionnel tous les trois ans alors qu'aujourd'hui il existe une grande disparité dans la fréquence des inspections.
Avec le nouveau projet, l’inspection en classe serait remplacée par une évaluation de la valeur professionnelle.

Quatre critères d’évaluation

L’entretien porterait « sur le positionnement de l’agent » envers quatre critères :
- la capacité à faire progresser chaque élève - Voir le dernier paragraphe : Comment évaluer les progrès des élèves ?
- les compétences de l’enseignant « notamment didactiques »
- la pratique professionnelle dans l’action collective de l’école « dans le cadre des programmes scolaires officiels et de la mise en œuvre des réformes »
- la qualité du cadre de travail.

Pour le SNUipp-FSU de la Sarthe, ces critères et leur modalité de mise en œuvre sont incompatibles avec la liberté pédagogique dont le ministère nous "assure" régulièrement qu'elle est intangible.

Luc Châtel a décidément la mémoire bien sélective, lui qui est allé observer les écoles finlandaises peu avant la rentrée. Il est pourtant certain qu'il aura entendu les enseignants finlandais lui rappeler leur indépendance vis-à-vis de leur hiérarchie et l'abandon des inspections jugées inutiles et contre-productrices pour leur évolution professionnelle.
En Finlande, ni entretien professionnel par la hiérarchie ni inspection sanction.
Pourtant leur école est "jugée" comme "la plus performante de l'OCDE".


Le barème supprimé

Le système de note serait supprimé. À l’issue de l’entretien, l’IEN proposerait à l’IA que certains enseignants bénéficient des réductions d’ancienneté (6 mois ou 15 mois tous les 3 ans) qui permettrait alors à ces « heureux élus » d’accéder plus rapidement à l’échelon supérieur. Cela modifie en profondeur le système des promotions ( changement d’échelon) des enseignants. Celui-ci ne se ferait plus à partir d’un barème connu de tous, mais sur décision directe du supérieur hiérarchique. Au final, c’est moins de transparence, plus d’arbitraire et plus d'injustice salariale entre les collègues.

Changement de statut des IEN

Parallèlement à ce projet, une redéfinition de la gouvernance académique se met en place. À l’avenir, les inspecteurs du premier degré ne feront plus partie des services académiques de l’inspection. À l’instar des chefs d’établissement, ils vont intégrer la ligne hiérarchique décisionnelle. « Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision . De quoi mettre à mal la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection » estime le syndicat de la FSU des inspecteurs.

Comment évaluer les progrès des élèves ?


"Dans l’absolu c’est une difficulté" dit Josette Théophile ["DRH" au ministère]. Mais "dans le cadre d’une évaluation régulière tous les 3 ans, on peut utiliser des indicateurs comme la réussite aux examens ou le niveau de la classe".
Café pédagogique, 15 novembre 2011.

En confrontant les différents aspects du projet ministériel, on voit apparaître l'objectif principal qui soustend ce projet.

Mettre au pas ces enseignants qui résistent encore et toujours à la pensée néolibérale, qui refusent la compétition entre les élèves mais aussi entre les citoyens.

Cette mise au pas, de ceux et celles qui refusent de plier, entre ainsi en cohérence avec l'ensemble des réformes qui visent à ce que l'école soit définitivement le premier lieu d'une compétition sans merci, créatrice d'inégalités et d'injustice sociale.

Combattre cette mesure, c'est refuser que s'étende au Service Public la gestion managériale de l'entreprise, avec son cortège d'effets dévastateurs sur les personnels, et les services.

Le 15 décembre, disons tous ensemble "Non" à cette réforme.
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