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Journée des personnes handicapées : le point sur la situation départementale.

lundi 3 décembre 2012

A l’occasion de la journée internationale des personnes handicapées, le SNUipp-FSU 72 fait un point sur la situation départementale : il reste encore beaucoup à faire !!!

L’ONU en 1992 , décide que le 3 décembre sera la journée internationale des personnes handicapées consacrée à l’amélioration de la situation des personnes handicapées et à la sensibilisation des populations sur ce sujet. A ne pas confondre avec la Journée mondiale du handicap, qui nourrit certainement les mêmes ambitions, mais qui a lieu le 9 octobre. La vieille, le 8 octobre, est décrétée la première Journée nationale de l’accessibilité, le lendemain c’est celle des DYS, des maladies mentales ou de la lutte contre la peine de mort. Il est vrai que dans cette longue liste de préoccupations planétaires, les questions de santé tiennent une place importante : le diabète, l’épilepsie, le bégaiement, la trisomie 21... Cohabitant avec des thématiques nettement plus fantaisistes comme les pâtes, la gentillesse, le chant choral, le lavage de mains, les gauchers, le rire. 365 jours, et pas moins de 239 domaines mis à l’honneur ! Même si ces commémorations ont l’avantage de porter un éclairage planétaire sur certains enjeux, on pourrait leur reprocher d’avoir tendance à nous donner bonne conscience le Jour J, en les négligeant le reste de l’année. Ces rituels ne doivent pas anesthésier la portée réelle des sujets célébrés.

Profitons donc de cette journée internationale des personnes handicapées et de sa médiatisation pour faire état dans les écoles du département des conditions de scolarisation des enfants en situation de handicap en rappelant auparavant que la loi française du 11 février 2005 ( LOI n° 2005-102 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) fait obligation à l’état de scolariser tout enfant dans cette situation.
La principale innovation de la loi est en effet d’affirmer que « Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l’école ou dans l’un des établissements mentionnés à l’article L. 351-1, le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence. »

Un maillage insuffisant qui implique des temps de transports longs et fatigants
L’Education Nationale se doit donc de mettre en œuvre tout projet de scolarisation prévu par la CDA (commission des droits à l’Autonomie)
Malheureusement, nous devons constater dans le département que tous les jeunes en âge d’être scolarisés ne le sont pas d’une part et pas au plus près de chez eux d’autre part. En effet, il n’est pas rare que certains élèves doivent effectuer un long trajet en taxi le matin pour rejoindre leur école ou leur collège. Le maillage départemental est insuffisant en terme de structure ou dispositif type CLIS et ULIS pour l’éducation Nationale et IME pour le médico-social.

Une insuffisance de structures spécialisées
Par ailleurs, de nombreux élèves n’ont pas obtenu de place en CLIS ou en ULIS (impossible d’avoir de chiffres précis de la part de l’administration) malgré une notification de la MDPH (« maison départementale des personne handicapées, chargée de l’aide nécessaire à la formulation du projet de vie, l’aide nécessaire à la mise en œuvre des décisions prises par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, l’accompagnement et les médiations que cette mise en œuvre peut requérir. Elle met en œuvre l’accompagnement nécessaire aux personnes handicapées et à leur famille après l’annonce et lors de l’évolution de leur handicap »)

Ces élèves demeurent en classe ordinaire dans le 1er degré ou vont en classe ordinaire ou en SEGPA dans le 2nd degré sans accompagnement particulier pour certains pourtant en très grande difficulté. Pour exemple, l’ouverture mi-septembre d’une CLIS dans une école du Mans sous la mobilisation des familles et des personnels pour la scolarisation d’élèves dont le projet de la commission des droits à l’autonomie préconisait une scolarisation en CLIS et qui , faute de place, étaient en classe ordinaire sans accompagnement particulier. Si on peut approuver l’ouverture de cette classe, il faut dénoncer le fait que cette ouverture s’est effectuée au détriment d’une classe en IME qui s’est vue retirer le poste d’enseignant, ce dernier ayant été remplacé un poste d’Assistant d’Education !! En ULIS, le nouveau texte paru en 2010, laissant la possibilité d’augmentation des effectifs (de 10 à 11, 12, 13,… jusqu’à 17 dans certains départements !!) a conduit l’administration l’an passé à orienter 11 élèves dans les ULIS et semble se diriger vers 12 élèves. Cette régression remet en cause la qualité de l’enseignement et de l’inclusion au sein des classes ordinaires des collèges. Le manque de places en IME (plus de 50 cette année, 60 l’année dernière !!) favorise cette tendance.

Les orientations par défaut ne correspondent pas aux besoins des élèves qui ne peuvent pas retrouver ailleurs l’équivalent de ce que propose la structure IME et par effet de dominos dénature la mission des différentes autres classes où les élèves sont finalement scolarisés.
Il est donc indispensable de travailler à une nouvelle répartition sur le département et d’ouvrir des classes et dispositifs permettant de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap afin d’ être ainsi en conformité avec la loi.

Accompagnement des élèves en situation de handicap : une nécessité de pérenniser les emplois, et de former les personnels
En ce qui concerne les AVS (auxiliaire de vie scolaire, chargée de l’accompagnement des élèves en situation de handicap), l’administration fonctionne à budget fermé et ne peut donc pas répondre là non plus à toutes les notifications MDPH.
Le manque de formation, la précarité des contrats génèrent des difficultés et des turn-over insupportables pour tous : les élèves, les personnes AVS, les collègues enseignant-es et les familles. Ces mêmes AVS ne sont pas remplacées en cas d’absence, leur contrat ne leur permet pas d’accompagner un élève en classe délocalisée type classe de mer ou de neige… dans le 1er degré. Ce qui signifie pour les enseignant-es : partir sans l’enfant en situation de handicap de la classe ou ne pas partir du tout !!!

Un Projet gouvernemental sur la professionnalisation des auxiliaires de vie scolaire s’est ouvert le 16 octobre sous les auspices des ministères de l’éducation nationale et des affaires sociales et de la santé. Il devrait se conclure début janvier 2013. Nous attendons avec impatience les résultats de ce projet en souhaitant que le gouvernement ne trahisse pas les espérances et les engagements…
La FSU y participera et portera ses revendications pour que les accompagnants disposent d’un véritable statut, assis sur celui de la fonction publique, leur permettant d’être formés durablement et de s’investir totalement dans ces nouveaux métiers..

Poste référent : une dégradation et une évolution inquiétante
Dans le département, à la rentrée 2012, un poste d’enseignant référent a été supprimé ce qui a généré une augmentation de la charge de travail des autres référents, déjà particulièrement lourde.
Par ailleurs, de nouvelle dispositions ont été prises par l’administration en ce qui concerne les missions de ces personnels : injonction de pratiquer moins d’Equipe de Suivi de Scolarisation (une seule par an) donc éloignement du terrain, de la réalité de l’élève, interdiction d’assister aux Equipes Pluridisciplinaire donc suppression du lien terrain/instance décisionnaire ce qui permet sans doute à l’administration un meilleur filtrage des choix d’accompagnements ainsi qu’une économie de frais de déplacements !!
Il faut rouvrir ce poste afin d’alléger les charges de travail et permettre aux enseignant-es référent-es d’accomplir leur mission an plus près du terrain et de sa réalité.

Formation des enseignant-es : insuffisance des départs en formation

La loi de février dit aussi :
« Les enseignants et les personnels d’encadrement, d’accueil, techniques et de service reçoivent, au cours de leur formation initiale et continue, une formation spécifique concernant l’accueil et l’éducation des élèves et étudiants handicapés et qui comporte notamment une information sur le handicap tel que défini à l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles et les différentes modalités d’accompagnement scolaire. »
Là encore, la formation initiale et continue des enseignant-es et autres personnels de l’EN dans ce domaine est réduite à peau de chagrin malgré une forte demande de leur part.
On peut aussi dénoncer le fait qu’il existe encore des enseignant-es n’ayant pas bénéficié d’une formation spécialisée d’un an qui enseignent dans des classes ou dispositif spécialisés.
La formation est incontournable à tous les niveaux pour accueillir et enseigner auprès d’enfants en situation de handicap.

Ils avaient dit priorité aux élèves en difficultés, ils avaient dit le handicap cause nationale, ils avaient dit restriction, austérité, dette, …. Ils sont partis.
Ils ont dit, il faut du changement, ils ont dit priorité à l’école et l’école de la réussite pour tous, ils disent austérité, dette, … A nous de leur rappeler pourquoi ils sont là.

 

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