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Rythmes scolaires : un décret qui va accentuer les inégalités.

vendredi 1er février 2013

Le SNUipp-FSU, qui a toujours marqué son opposition à la semaine de 4 jours, se prononce pour une réforme ambitieuse au service de la réussite de tous les élèves, sur l’ensemble du territoire et améliorant les conditions de travail des enseignants

Quelques idées lancées pour débattre et réfléchir en 8 points

Sommaire

Point 1 : Temps de l’élève
Point 2 : Temps de l’enfant
Point 3 : Mercredi ou samedi ?
Point 4 : Pause Méridienne, pourquoi faire ?
Point 5 : Absence de cadrage national
Point 6 : Absence de prise en compte des avis des enseignant-es
Point 7 : Augmentation de l’amplitude horaire pour les enseignant-es
Point 8 : Ce que le SNUipp-FSU entend par réforme ambitieuse des rythmes de l’enfant

Point 1 : Temps de l’élève

Avant 2008 Mesures Darcos-Chatel Décret 2013
26 heures pour tous les élèves 24 heures élèves sur 8 demi-journées 24 heures élèves sur 9 demi-journées
1 heure annualisée dans le service des enseignants correspondant à un samedi sur 3 libéré 3 heures annualisées dans le service des enseignants dont AP majoritairement considérée comme inefficace 3 heures annualisées dans le service des enseignants dont 1 h d’APC
Des RASED capables de jouer pleinement leur rôle Démantèlement des RASED Aucune assurance de retour des RASED
... Modification des seuils de carte scolaire : plus d’élèves par classes Aucune assurance de retour à des seuils permettant de réduire les effectifs
... Nouveaux programmes mal conçus et trop lourds À ce jour, pas d’annonce concrète de modifications des contenus des programmes
... Masterisation et suppression des IUFM Pas de remise en cause de la masterisation, mise en place des ESPE avec un contenu de formation pour l’instant inconnu

Bilan : 9 demi-journées certes mais nous sommes loin du compte en terme de temps d’école, de contenu de l’école et de prise en compte de la difficulté scolaire.

Point 2 : Temps de l’enfant

Avant 2008 Mesures Darcos-Chatel Décret 2013
4 x 6h + 3 h 2 samedis sur 3 = 26 h d’enseignement 4 x 6h =24 h d’enseignement 4 x 5h15 + 3 h = 24 h d’enseignement
... 4 x 30 minutes ou 2 X 1 h d’AP pour certains 2 x 30 minutes ou 1 X 1h d’APC pour certains (45 minutes sur 24 semaines préconisé par le DASEN72)
amplitude sur les 4 jours pouvant aller jusqu’à 10 heures à l’école pour certains (accueil, cantine, étude)
amplitude sur les 4 jours pouvant aller jusqu’à 10 heures à l’école pour certains (accueil, cantine, étude)

amplitude sur les 4 jours pouvant aller jusqu’à 10 heures à l’école pour certains (accueil, cantine, étude)

Retour à 9 demi-journées, mais l’amplitude horaire de présence à l’école risque d’être la même pour bon nombre d’enfants sans amélioration significative de ce temps.

  • Les communes n’ont pas obligation d’accueillir les élèves
  • Les communes n’ont pas obligation d’accueillir les élèves de façon gratuite
  • Les communes n’ont pas obligation de faire de ce temps un temps péri-éducatif de qualité
  • Les communes peuvent à titre dérogatoire pour les 5 ans à venir modifier les normes d’encadrement (de 1 animateur pour dix élèves à 1 pour 14 enfants pour les moins de six ans, et de 1 pour 14 à 1 pour 18 au-delà de cet âge)

Au final ce projet va renforcer les inégalités territoriales et les inégalités sociales :
selon la commune où l’on habite, selon les revenus des parents, certains pourront utiliser le temps libéré pour participer à des activités de qualité, au sein de l’école ou à l’extérieur, quand d’autres enfants seront seuls à la maison devant la télé, ou accueillis à l’école dans des conditions dégradées, sources de fatigue.

Point 3 : Mercredi ou samedi ?

Difficile de trancher sur cette question, les chronobiologistes eux-mêmes sont partagés, même s’ils préconisent la continuité (6 journées allégées dans l’idéal) plutôt que la rupture (éviter les deux jours entiers du week-end qui font que bien souvent les enfants se couchent tard deux jours de suite).

Quoique nous en pensions et même si c’est plutôt l’intérêt des parents que celui des enfants qui est mis en avant dans cet argument, la société et les modes de vies évoluent. Les gens sont de plus en attachés à la coupure du week-end. Ne pas le prendre en compte c’est prendre le risque d’être confronté à un fort taux d’absentéisme le samedi. Il existait déjà dans l’organisation précédente avec un samedi sur 3 libéré, cela pourrait s’accentuer et au final cela correspondrait à une nouvelle réduction du temps scolaire pour les enfants concernés !

Point 4 : Pause Méridienne, pourquoi faire ?

Partout, les DASEN négocient avec les maires mais n’estiment pas utile de réunir les équipes enseignantes. Comme il faut aller vite pour être prêt dès 2013, des schémas rigides d’organisation du temps scolaire surgissent dans certaines communes, avec l’allongement de la pause méridienne. Si celle-ci est préconisée par les chronobiologistes encore faut-il réfléchir à ce qui est mis en place sur temps de manière effective...

les besoins physiologiques des enfants sont différents en fonction de l’âge, les communes ont-elles les capacités et la volonté de le prendre en compte ?
quelle sera la nature des activités ?
que se passe-t-il pour ceux qui ne mangent pas à la cantine ?

Point 5 : Absence de cadrage national

Le fait de laisser le choix aux collectivités locales ne va pas sans poser problèmes en terme d’organisation ;
quand parents, nos enfants sont scolarisés dans des établissements différents (écoles, collèges, lycées) ou dans des communes différentes.
quand enseignant-parents, on réside dans une commune et on travaille dans une autre,
quand enseignant sur poste fractionné, on travaille sur plusieurs communes

Point 6 : Absence de prise en compte des avis des enseignant-es

Ce sont les élus, par le biais du Projet ÉDucatif Territorial (PEDT), qui deviennent les principaux décideurs... Alors que jusqu’ici, seul le conseil d’école pouvait demander une organisation de la semaine dérogatoire, désormais, le maire pourra le faire. Et ceci sans l’obligation d’obtenir l’accord préalable de la communauté éducative de l’école.

Si, au final, c’est formellement le Dasen qui décide, il est évident que le PEDT sera prépondérant dans ses choix. C’est le PEDT qui décidera et qui choisira pour tout le monde les jours d’ouverture (mercredi ou samedi), l’amplitude de la pause méridienne (minimum 1H30), l’organisation des « temps éducatifs » dans le prolongement de cette pause méridienne, etc…. Ce projet de décret acte la marginalisation du conseil d’école (comme du projet d’école) et la forte montée en puissance du poids des élus locaux (et du PEDT) en tant que décideurs prépondérants, dans un contexte de décentralisation renforcée. Sous couvert de partenariat, l’État transfère progressivement et en douceur certaines de ses compétences aux collectivités...

Alors que le ministre déclarait encore la semaine dernière sur France-Inter que les conseils d’école seraient consultés, aujourd’hui, sur le terrain, il n’en est rien. Horaires des écoles, durée de la pause méridienne, organisation de la sieste en maternelle, utilisation des locaux scolaires sur le temps péri-éducatif, organisation des activités périscolaires et des activités pédagogiques complémentaires, tout cela ne peut être pas être le fruit d’une décision unilatérale écartant les enseignants.

Point 7 : Augmentation de l’amplitude horaire pour les enseignant-es

Dans beaucoup d’endroits, faute de locaux, il est envisagé d’utiliser les salles de classes pour ces activités péri-scolaires du midi ou du soir. Mais, alors que feront les enseignants qui ont l’habitude de travailler dans leur classe sur ce temps-là ?

Sur quel créneau horaire se tiendront les animations pédagogiques ? Le soir après l’école, le mercredi après-midi ?

Au final les enseignants finiront l’école sensiblement à la même heure qu’avant, avec une demi-journée en plus et dans des conditions de travail encore dégradrées !

Pour toutes ces raisons le SNUipp-FSU a voté contre ce projet au CSE et au CTM, il appelle à la grève le 12 février,

Face à ce bricolage insatisfaisant qui se dessine pour les enfants comme pour les enseignants, le SNUipp-FSU estime qu’il faut reporter la réforme à 2014. Le décret d’aménagement du temps scolaire doit être revu, les conseils d’école consultés. Il faut se donner le temps de penser une vraie réforme et de construire les conditions de sa réussite dans les écoles en s’appuyant sur les enseignants.

Point 8 : Ce que le SNUipp-FSU entend par réforme ambitieuse des rythmes de l’enfant

Pour le SNUipp-FSU 72, une véritable réforme des rythmes suppose une remise à plat de l’ensemble des fondements de l’école : programmes, conditions et moyens d’enseignement, formation initiale et continue...

- Une réduction conséquente du temps de journée, qui d’une part permet une possible adéquation : avec les besoins des élèves en leur évitant une trop grande fatigue nuisible aux apprentissages, et d’autres part, laisse du temps aux enseignant-es pour travailler en équipe, préparer la classe, se concerter avec les différents partenaires, rencontrer les familles, etc...

- Déconnecter temps élèves / temps enseignant-es
Afin que ce temps nécessaire au travail de préparation et de concertation ne se traduise pas par une réduction du temps scolaire des élèves, la déconnexion du temps enseignant-e/temps élèves (comme c’est le cas dans le secondaire) est une revendication que nous portons à travers la création de postes d’enseignant-es en nombre supérieur au nombre de classes.

- Adapter le temps scolaire et péri-scolaire à l’âge des enfants

Prendre en compte l’âge des élèves pour adapter les horaires aux besoins spécifiques de chacun, très différents selon qu’il s’agisse d’élèves de petite section ou de fin de cycle 3.Là encore c’est seulement en déconnectant le temps des élèves du temps de service des enseignant-es que cela est possible.

- Un dispositif périscolaire de qualité mis en place de manière concertée
Une péréquation permettant à toutes les communes de l’organiser de manière égale devrait être mise en œuvre par l’Etat et efficiente partout, avec des personnels formés.

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