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Écoles des villages, ce n’est qu’un combat, continuons le début...

samedi 9 septembre 2017

Lors de cette rentrée, le directeur académique a préservé les écoles qu’il caractérise de « rural profond ». Les habitant-e-s de ces lieux apprécieront le fait, et probablement moins la formulation... Ainsi, par exemple, le DASEN n’a pas fermé l’école classe unique de Courcelles la forêt, pourtant avec un effectif de 8 élèves.

Cela prouve d’abord que le choix politique reste possible contre des arbitrages économiques à court terme, et que l’aménagement du territoire, la lutte contre la désertification galopante, peuvent faire l’objet de priorités. En d’autres temps (pas lointains du tout) et sous d’autres directives présidentielles, la même administration aurait reproché haut et fort le coût exorbitant d’une telle mesure, son injustice vis à vis des autres écoles, et aurait signé la fin de cette petite commune.

Cela prouve ensuite que nos actions de l’an passé construites par et avec tous les acteurs de terrain (enseignant-e-s, élu-e-s, parents, enfants, citoyen-ne-s) : bulletin spécial école rurale co-écrit, colloque sur les écoles des villages, réunions citoyennes de secteur sur toute la Sarthe..., ont concouru à sortir le problème du silence qui l’entourait et à contraindre le monde politique à des prises de position lors des présidentielles (Rappelons qu’au début de la présidentielle le front national surfait seul sur cette thématique d’abandon du rural, avec tous les risques que cela aurait pu entraîner).

Pour autant, si cette carte scolaire sarthoise constitue une victoire pour la défense des écoles des villages, alors même que la création des CP à 12 en REP+ mobilise de nombreux postes, il ne faut pas se faire d’illusion pour l’avenir. Le fait du prince Macron, ligoté par quelques engagements de campagne filmés et publiés sur le net (Lien avec la vidéo qui montre E Macron disant : Il n’y aura plus de fermeture d’écoles dans le monde rural dans les 5 ans qui viennent), n’efface pas le substrat politique qui, par la subvention, la réduction des moyens des communes, la réforme territoriale, la contractualisation (conventions ruralité), continue efficacement le projet de métropolisation en cours. Notons que sur cette question la majorité actuelle prolonge en tous points les choix de ses prédéces-sœurs. La logique austéritaire et de recul des services publics, qui va avec celle concentrationnaire des capitaux et des moyens de production dans le secteur privé, nous conduit irrémédiablement vers un autre pays, bien différent de celui qui s’écroule aujourd’hui, issu d’un maillage paysan, artisanal, de petit commerce, et de services publics de proximité. Le nouveau pays qui avance de façon de moins en moins masquée et à grands pas s’appuie sur une autre organisation territoriale, faite de métropoles entourées de déserts humains dédiés à une agriculture industrialisée.

Lors du colloque du 8 février dernier, les élu-e-s présents ont décliné les risques que font encourir les signatures de conventions ruralités intradépartementales, ou l’approbation de création de communes nouvelles démesurées absorbant la leur. Dans le contexte actuel, le risque est grand que les maires, conseiller-ère-s municipaux-ales ou communautaires deviennent malgré eux les fossoyeurs de leur propre école, de leurs propres compétences, de leur propre commune.

Dans ce schéma, les citoyen-ne-s attachés à l’existence d’une humanité vivante, riche, diverse, sur ces territoires ruraux, ont tout intérêt à se mobiliser, à exercer une vigilance sur les décisions qui se prennent dans les communes qu’ils habitent ou simplement connaissent.

La préservation ponctuelle du « rural dit profond » dans ce département, liée aux « promesses » présidentielles, ne doit pas nous détourner d’un combat sur la création de règles collectives départementales et nationales préservant les petites structures scolaires. N’oublions pas aussi que le « rural en général » subit malgré tout des fermetures pour compenser les politiques urbaines puisque le cadre budgétaire départemental est à moyens constants.

Nous revendiquons que Courcelles la forêt, classe unique, soit maintenue, non comme aujourd’hui par décision présidentielle, mais par une règle commune à l’ensemble du territoire. Ce texte vaudra aussi pour toutes les écoles des villages sans cesse sur la sellette des effectifs, qui subissent des modifications brutales et récurrentes d’équipes, des changements de dernière minute d’organisations pédagogiques préjudiciables aux élèves.

La règle clarifie. La négociation met en concurrence et oppose. Cela s’est encore illustré dans la presse de ces derniers jours : les parents de l’école Jean Macé, dans une lutte complètement légitime pour le maintien du poste ouvert (puis fermé) sur leur école au Mans, ont questionné le DASEN sur le prétendu « bénéfice accordé au rural » qui léserait leur école. Ce dernier place sa réponse sur le terrain de « l’attention particulière qu’il accorde au rural » et se targue d’avoir sauvé (lui, tel un prince) 7 écoles de village… On ne peut en vouloir à ces parents. La situation d’arbitrage dans laquelle on les plonge induit cette réaction de comparaison immédiate. Pour sortir de cette opposition artificielle et stérile entre rural et urbain, une règle claire est la seule solution, en lieu et place d’un pseudo-choix personnel de décideur.

Et puisque les deux situations (Jean Macé et les écoles rurales) ne s’opposent pas, que les besoins sont clairement présents dans les deux cas, et que le financement public n’est pas là, c’est l’argument de l’enveloppe budgétaire fermée qui doit être contesté. Le rural et l’urbain ont des intérêts convergents de postes, certes pour des raisons différentes, complexes, mais réelles. On attendrait, dans une « société bienveillante », que le responsable local de l’institution scolaire se fasse l’avocat de cette complexité, de ces besoins auprès de son autorité de tutelle, plutôt que de renvoyer dos à dos les usager-ère-s.

Cette année, terminer le cahier revendicatif pour une sécurisation des petites et très petites structures scolaires est un objectif réaliste. Commencé l’an passé, fini cette année, nous le présenterons au DASEN. Ce cahier revendicatif, construit par la réflexion approfondie d’enseignants, d’élus, de parents, devra intégrer le corpus des règles de la carte scolaire départementale. Nous ne doutons pas que les directives présidentielles viendront appuyer nos exigences si cela devait être nécessaire !

Gageons que l’école de Vancé, autre classe isolée menacée par la faiblesse de ses effectifs, et le petit commerce du village qui survit grâce à elle, ne fermera pas l’an prochain, non pas par le fait jupitérien, mais par une règle claire, générale, équitable, valable pour toutes les écoles dans la même situation.

Rappelons-nous que la vigilance sur l’évolution des communes est importante. Sortons les antennes, ouvrons les yeux, discutons dans les villages.

On se tient au courant du sud au nord, à l’est, à l’ouest, au sud ... de tout ce qui peut constituer un risque pour les écoles des villages.

Comment nous organisons-nous ? Quel calendrier adoptons-nous ? Quels lieux pour nous rencontrer ?

On attend vos propositions.

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