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Dotations Rentrée 2018 - Trop peu de postes à répartir

jeudi 21 décembre 2017

La répartition académie par académie des postes créés pour la rentrée 2018 a été arrêtée. Modulée en fonction du nombre de CP à dédoubler en REP et de CE1 en REP+, la dotation de 3 880 postes ne permettra pas de remplir cet objectif qui à lui seul en demanderait près de 6 400. Il faudra donc supprimer des postes ailleurs, et par là même dégrader les conditions d’enseignement dans les classes ordinaires.

La répartition des postes

Répartition académique des postes premier degré.



Signez et faites signer l’appel

Analyse au plan départemental

La dotation est donc de 34 postes pour l’ensemble des 5 départements alors que dans le même temps, les CP à 12 en REP et les CE1 à 12 vont être déployés.

Pour notre département, les prévisions sont les suivantes pour les 3 années à venir :

  • 752 élèves pour la rentrée 2018
  • 939 élèves pour la rentrée 2019
  • 776 élèves pour la rentrée 2020

Lors du CDEN 13 nov. dernier, le SNUipp-FSU avait interpelé le DASEN pour lui faire par de ses craintes concernant une gestion purement comptable de la carte scolaire. Gestion faisant fi des disparités départementales (Comparer la Loire-Atlantique et la Sarthe en prenant le P/E [1] n’a absolument aucun sens tant les différences géographiques, sociales, structurelles sont importantes, à commencer par le nombre d’habitant•es… Pas plus que de comparer la Mayenne et la Sarthe qui ne recouvrent absolument pas les mêmes réalités territoriales en terme de ruralités, de structurations des villes et des villages, etc).

Nous avions alors anticipé les différents scénarii possibles permettant au DASEN de « financer » le déploiement des CP à 12 en REP et les CE1 à 12 en REP+. Car d’après notre analyse, il n’existe qu’un nombre limité de leviers possibles pour ouvrir toutes ces classes à 12 sans avoir de moyens supplémentaires.

  • fermer massivement des classes dans les écoles de village tout en incitant (fortement) les élu•es des communes regrouper leurs écoles (retour des conventions ruralités)
  • prélever des postes sur la brigade de remplacement
  • fermer d’autres types de postes comme cela s’est fait lors d’une précédente mandature où M. Blanquer était DGESCO [2]

Le SNUipp-FSU appelle donc l’ensemble des enseignant•es à prendre la mesure des risques qui pèsent sur les écoles de notre département et à signer et faire signer massivement notre appel à défendre les écoles de village - LIEN DIRECT vers l’article. Les fusions d’école notamment dans les territoires ruraux du département n’auront aucunement comme ambition de permettre une meilleure qualité de service public, mais seulement d’économiser massivement des postes.

Pour information, la Sarthe compte à ce jour 194 écoles de 4 classes ou moins. Celles-ci scolarisent 12 593 élèves (soit 26%) quand les seules 19 écoles de 11 classes et plus scolarisent 5 593 élèves (soit 11,57%).

Le DASEN, par les moyens qui seront attribués à notre département pour la rentrée 2018 (dotation négative, nulle ou positive) risque fort d’être contraint de fermer de nombreuses classes dans les écoles rurales pour procéder à des très nombreuses ouvertures en REP/REP+, en avançant toujours le même argument comptable. (Soit « une fermeture = une ouverture » donc la Sarthe peut voir des classes fermer)

Pourtant, toutes celles et tous ceux qui, usager•ères ou agent•es de du service public d’éducation savent pertinemment qu’une fermeture de classe n’a pas du tout des conséquences équivalentes à une ouverture.
Alors qu’une ouverture de classe dans une école permet d’améliorer les conditions d’apprentissage, de travail, scolarisation, une fermeture provoque mécaniquement une dégradation des conditions d’accueil des élèves comme des conditions de travail des enseignant•es.

Sinon, pourquoi donc ouvrir des CP et des CE1 à 12 élèves en REP et REP +. C’est bien parce que l’un si ce n’est le premier facteur d’amélioration de l’école passe par la baisse du nombre d’élèves dans les classes.

Elle n’est pas le seul moyen puisque la formation, le temps de travail, la liberté pédagogique, le taux de remplacement, le soutien des circonscriptions seraient également des leviers permettant une meilleure réussite de tous•tes les élèves.

Analyse au plan national

Des choix qui ne réduiront pas les inégalités

Le ministère a fait le choix de consacrer quasi-exclusivement les 3881 postes créés au budget 2018 à la poursuite du dédoublement des classes en CP en REP et CE1 en REP+. Ce sera malgré tout insuffisant car l’opération nécessiterait près de 6400 postes.

Pour le SNUipp-FSU qui a réagi dans un communiqué, « ces créations auraient dû être l’occasion de diminuer les effectifs dans toutes les écoles où les classes sont surchargées, d’améliorer les remplacements, de développer le plus de maîtres, les Rased, la formation des enseignants… » Ce sont au contraire des centaines de postes qui risquent d’être supprimés.

« L’école primaire française largement sous-investie et marquée par des inégalités insupportables doit faire l’objet d’un engagement financier massif pour réaliser les transformations nécessaires, à commencer par une baisse des effectifs. Le budget 2018 ne répondait pas à cet enjeu de société. Les choix faits par le ministère y répondent encore moins » , poursuit le syndicat.

Notes

[1] Nombre de professeur•es pour 100 élèves

[2] Directeur Général de l’Enseignement SCOlaire

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