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Enseignant·es Référents et élèves en situations de handicap

Le SNUipp-FSU reçu par le chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat

mardi 30 janvier 2018

Dans le cadre du passage en Sarthe de la Secrétaire d’état auprès du premier ministre, chargée des personnes handicapées, le SNUipp-FSU 72 a été reçu en audience en préfecture, accompagné de 2 enseignants référents de scolarité. L’IEN-ASH était également présente aux côté du chef de cabinet de la Secrétaire d’état.

Pendant environ 30 minutes le SNUipp-FSU 72 et 2 enseignants référents ont pu exposé sans filtre la situation des personnels comme des élèves dans notre département.

Après une rapide présentation de la situation particulière de notre département (forte ruralité, taux de fragilité social le plus élevé de l’académie).

D’abord, nous avons rappelé que les enseignant·es référent·es de scolarité sont chargés du suivi des élèves en situation de handicap sur des secteurs géographiques donnés.

Elles et ils accomplissent deux missions essentielles :
• Faire le lien entre les différents partenaires (école, famille, MDPH, soignants…)
Écouter (le souhait de la famille), informer (des aides existantes), conseiller (sur la nature des demandes), accompagner (dans les démarches administratives, dans la constitution du dossier MDPH).

• Évaluer la mise en œuvre du PPS dans le cadre d’une ESS
Le PPS est rédigé par la MDPH (notification de SESSAD, AVS, orientation scolaire…)
ESS pour évaluer la pertinence du PPS. Faut-il le prolonger, le modifier, le supprimer ?

Ensuite, nous avons fait état des difficultés rencontrées en axant particulièrement notre propos sur 2 points

• Le PPS « bancal » : manque de places (pas d’affectation) en IME, en SESSAD, en ULIS.

Manque de recrutement d’AVS et leur manque de formation qui peuvent les mettre en difficulté tout comme les élèves accompagné·es, leurs classes et leurs enseignant·es.

Nous avons également alerté sur les crispations et des souffrances générées tout en soulignant que cela créait le sentiment d’un décalage entre le discours et la réalité.

• Le nombre de situations à suivre est trop important :
Nous avons rappelé la tension de moins en moins supportable pour les ERSH comme pour les école entre la quantité et la qualité. La tentation de modifier, d’adapter le rôle de l’enseignant référent de scolarité au risque de dénaturer sa mission.

Quel est le seuil de tolérance ? Quels critères pour décider de la création de postes d’ERS supplémentaires ?

Nous avons également rappelé que le Directeur Académique avait reçu tout récemment les ERSH en audience : demande la création de postes supplémentaires.

Dans les demandes formulées, le SNUipp-FSU 72 et les enseignants référents de scolarité présent ont rappelé ensemble qu’une limite à 150 situations d’élèves en situation de handicap par ERSH était plus que souhaitable et que 3 postes supplémentaires d’ERSH étaient nécessaires.

Ensuite, nous avons abord l’évolution des relations entre les ERSH et la MDPH.

Ainsi, depuis que la MDPH et le métier de référent ont été créés, les procédures organisant les relations entre les deux parties ont évolué. officiellement, au moins depuis septembre 2009, pour « alléger le travail des ERSH ».
En effet, devant l’accroissement continue des tâches demandées et aux coordonnateurs MDPH et aux enseignant·es référent·es, nous avons déplorés que les relations évoluent vers une logique administrative au détriment d’échanges professionnels centrés sur les situations des élèves : le dossier en cours est-il complet ? Pouvez-vous nous retourner tel document ? Etc.

Progressivement, devant le nombre croissant de situations que chaque référent et chaque coordonnateur doit gérer, le travail a lieu de plus en plus dans l’urgence afin de répondre à la demande minimale : une ESS par an pour les référents, présenter toutes les demandes en CDA pour les coordonnateurs.

Aussi, ce travail n’est pas sans conséquence sur le bien être des ERSH qui, au fil des ans, s’inquiètent de ne pouvoir caler une ESS annuelle pour chaque situation. Elles et ils s’inquiètent également de ne pouvoir échanger aussi souvent que de besoin avec les partenaires, dont les parents et l’enfant en situation de handicap.

Au final, le nombre de situations augmente chaque année, le travail dans l’urgence et en surface se généralise, et la souffrance au travail liée à la lourdeur et aux injonction paradoxales (faire toujours mieux avec toujours moins de temps) des enseignant·es référent·es sont autant de sources potentielles de maltraitance institutionnelle pour les partenaires : enseignants - familles - enfants.

Nous avons terminé notre propos en évoquant une situation particulière d’élève en situation de handicap qui nous a semblé emblématique de la dérive gestionnaire et managériale en cours à l’éducation nationale.

Le SNUipp-FSU revendique depuis plusieurs années des créations de postes tant dans les écoles que spécifiquement pour l’ASH. Il revendique également la création d’un statut de fonctionnaire afin de rendre pérenne les missions accomplies par les AESH/AVS dont les salaires sont indécents et la formation quasi inexistantes.

L’école de la confiance et de la bienveillance devrait être dotée des moyens à la hauteur d’une telle ambition.

Il semble que du Président de la République au Directeur Académique, chacun se cache derrière une communication bien rodée pour éviter de reconnaître l’évidence. Pour avoir une ECOLE PUBLIQUE de qualité, il faut y mettre les MOYENS !!!

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