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Déclaration préalable à la CAPD du 29 mars 2018

jeudi 29 mars 2018

A l’occasion de la première CAPD Promotion « Classe exceptionnelle », le SNUipp-FSU fait plusieurs constats :

  • le nombre de promu-es est principalement constitué de collègues issu du premier vivier, soit de collègues promu-es au titre de leur fonction. De fait les adjoint-es enseignant dans des classes « ordinaires » sont totalement absent-es de la liste, ce qui est à mettre en relation avec la sur-représentation de certaines catégories de personnels par rapport à leur nombre sur le terrain.
  • le poids de l’avis de la hiérarchie est déterminant : ainsi un-e collègue qui aurait reçu un avis « excellent » pourrait être promu là où le même ne le serait plus avec un avis pourtant « très satisfaisant ».
  • le rapport hommes-femmes qui aurait dû être de 19 femmes et 5 hommes est en dessous de la norme puisque ce sont 17 femmes et 7 hommes qui sont promu-es. Cette situation est révélatrice des inégalités qui persistent dans les évolutions de carrière selon les sexes.

Ce constat conforte la totale opposition du SNUipp-FSU à la création de la classe exceptionnelle, qui instaure un système de promotion au mérite totalement injuste et inégalitaire. Cette technique de management a pour objectif de mettre les personnels en situation de concurrence, voire de rivalité. Cela nuit au bon fonctionnement du service public en instaurant des relations entre les agents sur des bases où la transparence et l’équité de traitement sont totalement absentes. Si l’abandon du système de promotion ancien permet de réduire les inégalités d’avancement, l’établissement d’une nouvelle classe dont l’accès est essentiellement conditionné à l’avis de la hiérarchie constitue un recul, et un très mauvais signal vis-à-vis des personnels.

Le SNUipp-FSU revendique la possibilité pour tout-e enseignant-e d’atteindre l’échelon le plus élevé dans le cadre d’une carrière complète. Il s’oppose à tout système où le soi-disant mérite constitue la modalité de promotion.
Nous aurons aussi à traiter la question des demandes d’allègement de service. Nous rappelons que pour les collègues qui en font la demande, il s’agit là d’une nécessité, liée à la volonté de pouvoir continuer à travailler dans des conditions compatibles avec leur état de santé, ceci afin d’éviter des arrêts en cours d’année. La limitation à un an pour une journée d’allègement, et la réduction à une demi-journée l’année suivante ne permettent pas de garantir cette possibilité. Le SNUipp-FSU demande que les moyens nécessaires soient attribués de manière à permettre le maintien de l’activité professionnelle tout en prenant en compte l’état de santé des personnels. Le recours au temps partiel, avec ses conséquences financières, ne peut être considéré comme une solution lorsqu’il n’est pas choisi.

Pour le point qui concerne l’inscription sur liste d’aptitude, le SNUipp-FSU rappelle son opposition à ce principe. Tout-te enseignant-e qui le souhaite doit pouvoir exercer sur un poste de direction (comme le prouve d’ailleurs le nombre important de faisant fonction chaque année) et c’est à l’administration, dans le cadre de la formation initiale et continue d‘assurer l’adaptation au poste.
Le nombre de demandes de temps partiel n’étant pas encore définitivement connu, nous réaffirmons que toute demande doit pouvoir être satisfaite. Le choix de perdre une partie de son salaire est justifié qu’il s’agisse d’organisation familiale, personnelle ou pour des raisons liées à la santé, comme on a pu le vérifier il y a quelque temps lorsque des refus ont été signifiés.

En ce qui concerne les départs en formation CAPPEI, force est de constater là encore que les propositions de départs envisagées ne correspondent pas aux besoins du terrain, et ce d’autant plus que ces formations sont encore à ce jour soumises à caution. Le nombre de postes non pourvus par des titulaires spécialisés, ou qui seront à pourvoir du fait de départs en retraite sont pourtant connus et importants : 17 en SEGPA, 15 en ULIS et IME, 4 en RASED.

Chaque année, l’administration se retrouve dans la situation de devoir nommer des ZIL ou des brigades à l’année, ce qui nuit à la pérennité des équipes, et sans remetre en cause l’investissement des collègues concerné-es, à la qualité des enseignements du fait de leur absence de formation. L’enseignement spécialisé reste encore et toujours le parent pauvre de notre système éducatif.
Par ailleurs, ce mardi, le président de la République s’est livré à un nouvel exercice de communication… Ou plutôt de prestidigitation qui ne trompe plus personne.

En effet, après le CP décrété 100 % réussite sans que cet objectif ait été défini.
Après le dédoublement en REP et REP+ des CP/CE1 non financé et qui s’opère au détriment de toutes les autres classes tant en éducation prioritaire que dans toutes les autres écoles,

Après une réforme du bac qui soumet les lycéen•nes à une évaluation permanente au mépris de la qualité des apprentissages. Le SNUipp-FSU dénonce un projet qui consacre la réduction de l’offre de formation comme la volonté politique de réduire le baccalauréat à un diplôme maison dont la valeur dépendra de la réputation de l’établissement.

Après Parcours Sup qui instaure la généralisation de la sélection sur dossier à l’ensemble des formations universitaires puisqu’aucun moyen n’est donné pour répondre aux besoins que vont mécaniquement créer les 40 000 étudiants supplémentaires,

Après toutes ces mesures qui ont en commun le souci de faire des économies notamment au préjudice des enseignant•es, des élèves et des étudiant•es, le président de la République a ouvert les Assises de la maternelle en annonçant la scolarisation obligatoire dès 3 ans, indiquant vouloir réduire par cette mesure les inégalités sociales. Le SNUipp-FSU partage l’ambition de réussite de tous les élèves mais le sens de cette annonce interroge.

L’école maternelle, aujourd’hui non obligatoire, est pourtant fréquentée par la quasi-totalité des enfants de 3 ans (97,6%). Pour le SNUipp-FSU, améliorier l’école maternelle doit passer par une amélioration indispensable des conditions d’accueil (espaces adaptés, mobilier…) et d’apprentissage avec notamment une diminution des effectifs par classe, de la formation pour les enseignantes et les enseignants dans le cadre des programmes de 2015, ce qui ne sera pas la cas dans bon nombre d’école maternelle de Sarthe à la rentrée prochaine. Cela nécessite également de développer la relation aux familles et de favoriser la collaboration avec les ATSEM dans le cadre de la redéfinition de leur métier. Rendre la maternelle obligatoire sans investir pour une meilleure qualité de scolarisation ne reviendrait qu’à entériner la situation actuelle avec ses réussites mais aussi ses faiblesses.

Dans le cadre de la dénonciation de cette politique, et dans la continuité des mobilisations du 15 février et 22 mars, le SNUipp-FSU 72 appelle les parents, les élu-es, les enseignant-es à se mobiliser le 31 mars au Mans.

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