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Déclaration préalable à la CAPD du 15 mai 2018

mardi 15 mai 2018

Alors que s’ouvre cette CAPD, nous souhaiterions alerter nos collègues. Nous sommes à l’aube de grands changements, tant au sein de l’école que dans la société. Il nous appartient à toutes et tous que ces changements se fassent au bénéfice de l’intérêt général, plutôt que pour une minorité de privilégié•es :

  • code du travail réorganisé au bénéfice des entreprises et non des salarié•es,
  • mise en place de Parcoursup qui va profiter seulement aux meilleur•es élèves et mettre en place la sélection à l’université,
  • instauration d’une loi inhumaine et indigne sur l’asile et l’immigration,
  • hausse de la CSG sans compensation pour les retraité•es,
  • mise en place de CAP 22 avec l’objectif de casser des pans entiers des services publics,
  • etc...
    Les choix opérés par ce gouvernement, sur de très nombreux sujets, ont pour objectif de faire basculer la société française vers le tout libéral, le tout entreprise, le tout compétition entre les individus. Ainsi peut-être est-ce la dernière CAPD mouvement que nous connaissons tout du moins sous la forme actuelle.

Il ne s’agit pas ici de crier au loup, mais d’analyser scrupuleusement les éléments donnés. Le nouveau projet de casse du service public, pardon, « de réforme », pour reprendre les termes des gouvernements qui se succèdent et partagent en tout point cette volonté de diminuer la capacité de l’état à répondre aux besoins de la société.

4 axes qui en disent long sur les objectifs poursuivis au-delà de la seule sphère publique.
- Un dialogue social plus fluide et recentré sur les enjeux les plus importants
- Une rémunération plus individualisée
- L’accompagnement individualisé et les mobilités
- Un élargissement du recours au contrat pour donner davantage de souplesse au recrutement

Ainsi, le gouvernement indique « _vouloir simplifier et déconcentrer les instances représentatives_ ». Ce n’est donc pas de la science fiction, mais bel et bien une remise en cause de la possibilité par les agent•es elles et eux-mêmes de vérifier le respect des règles.

La fin des CAPD, c’est d’abord un risque majeur de perdre en transparence et en équité. En effet, la confiance n’exclut nullement le contrôle, comme vous l’aviez rappelé ici-même Monsieur le Directeur Académique. Mais ce contrôle doit s’exercer à tous les niveaux, y compris par les enseignant•es. Ainsi pour l’école, les récentes injonctions adressées par un ministre, qui n’a de cesse de clamer la bienveillance, apparaissent plutôt comme une crise d’autoritarisme. Lorsque l’on replace ces 4 circulaires du BO au sein du projet d’École et de système éducatif rédigé par JM Blanquer, c’est bien un vaste et profond projet libéral, réactionnaire et autoritaire qui nous attend.

La mystification sur les CP à 12 et ses conséquences catastrophiques sur l’opposition entre les territoires n’étaient qu’un échauffement si l’on peut dire.
Ce que prévoit le ministre emblématique de la Macronie, ce n’est rien de moins que la suppression du statut des enseignant•es, la suppression de leur capacité et de leur liberté à concevoir leur enseignement et leur travail, la rémunération individualisée et l’affectation selon le bon plaisir des petit•es chef•fes.

Toutes les mesures prises depuis juin 2017 au sein de l’école se trouvent dans le livre-programme, rédigé par l’institut Montaigne, pardon par M. Blanquer.
Après un an, pourtant, seules les mesures les moins importantes d’un point de vue structurel ont été mises en œuvre. C’est pour cela que le SNUipp-FSU appelle l’ensemble des fonctionnaires présents ici à se mettre en grève le 22 mai prochain et à manifester le 26 mai avec l’ensemble de la société.

Il appartient à chacun•e de contribuer à créer le rapport de force nécessaire pour faire entendre des revendications pourtant partagées par une majorité de citoyen•nes : hausse immédiate du SMIC, des salaires et des pensions avec rattrapage et indexation sur la hausse du coût de la vie. Qui est contre cela, sinon la minorité d’hyperprivilégié•es « qui n’a pas besoin d’un président de la République » ?

La CAPD qui s’ouvre va notamment traiter des affectations de la première phase du mouvement. Nous réaffirmons notre opposition aux postes à exigences particulières et aux postes à profil. Cette année encore, des avis rendus par certaines commissions ne respectent pas l’Ancienneté Générale des Services, et des candidatures ont été écartées sur des critères que nous estimons subjectifs et que nous récusons.

Ainsi, nous constatons que des personnels ayant exercé des missions similaires et dont le sérieux et professionnalisme a toujours été reconnu par l’administration, obtiennent pourtant un avis défavorable. Nous rappelons notre revendication de disparition de ce mode d’affectation. Pour le SNUipp-FSU seule l’AGS doit départager les candidat•es volontaires car c’est dans l’exercice des missions que les collègues apprennent et se forment.

C’est à l’institution de se donner les moyens de former ses personnels, comme c’est le cas, lorsqu’il s’agit des départs en formation d’enseignant-es spécialisé-es. Plutôt que de recourir à de telles commissions, nous revendiquons des formations pour ces postes à exigences particulières et à profil.

Il est fort regrettable que lors de cette CAPD, l’administration ne soit pas en mesure d’acter les départs en formation CAPPEI. Les incidences sur les affectations de cette première phase du mouvement vont léser un certain nombre de collègues ainsi que les élèves.

Cette année encore, nous constatons qu’un nombre très important de postes en ULIS école, en ULIS collège, en SEGPA, en EREA, en IME seront attribués à des collègues sans formation spécialisée. Il est inacceptable que l’Éducation Nationale ne permette pas à l’ensemble des élèves, quels que soient leurs situations, d’avoir des enseignant-es formé-es et titulaires de leurs postes. C’est une manière bien étrange de concevoir l’école inclusive et la prise en compte des élèves dits « à besoins éducatifs particuliers »... Ces affectations à TP sont la preuve de l’insuffisance des départs en formation que nous avons dénoncée ici même lors de précédentes CAPD et sont préjudiciables à la continuité et la qualité du service public d’éducation.

Concernant l’octroi des congés formation, le nombre d’ETP (6 équivalents temps plein) est insuffisant pour permettre de satisfaire le nombre de demandes. La formation continue a quasiment disparu, cette possibilité est l’une des seules à laquelle nos collègues peuvent prétendre.

Enfin, pour l’accès à la hors-classe, le SNUipp-FSU rappelle que PPCR garantit le déroulement de la carrière sur deux grades, ce qui implique que l’ensemble des enseignant•es puissent partir en retraite en ayant au minimum atteint la hors-classe. Nous contestons l’introduction d’un nouveau critère, qui plus est décisif pour départager les candidat•es. De part sa nature forcément subjective, l’avis que vous rendez va à l’encontre du principe d’un déroulement de carrière au même rythme pour tous•tes que le SNUipp-FSU revendique. Pour preuve, nombres de collègues au 10e échelon vont accéder à la hors-classe avant des collègues pourtant au 11e échelon. De même, nous rappelons notre ferme opposition à la classe exceptionnelle qui, nous l’avons toutes et tous constatés lors de la précédente CAPD, est totalement discrétionnaire et injuste. Rappelons que pour les personnes ayant obtenu le plus haut barème (167 points pour la classe exceptionnelle), votre avis, Monsieur le Directeur Académique, comptait pour plus de 70%. (120 points).

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