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Temps partiel sur autorisation - le problème de la lettre de motivation

jeudi 7 mars 2019

 Courrier à la DASEN - Temps partiel sur autorisation et courrier de motivation

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Courrier à la DASEN - Temps partiel sur autorisation et courrier de motivation

 Premiers éléments d’analyse

La DASEN (arrivant tout droit du 77) a imposé la phrase suivante dans la circulaire départementale temps partiel 2019 malgré la ferme opposition du SNUipp-FSU 72, pourtant très largement représentatif.

Dans la circulaire, il est dorénavant indiqué : « La demande de temps partiel sera accompagnée d’un courrier permettant d’apprécier la motivation de la demande. »

Le département de la Sarthe compte à ce jour 545 collègues à temps partiel.
265 le sont de droit quand 280 le sont sur autorisation.

Comme nous l’avions bien compris dans un sous-entendu lors de la première audience avec la DASEN au sujet des contractuel.les, pour elle, c’est beaucoup trop !

La Directrice académique compte bien réduire le nombre de personnels à temps partiel sur autorisation afin, dit-elle, de récupérer des personnes à positionner sur les postes.

Une telle régression suscite, à juste titre, un fort émoi dans la profession. Nous recevons ainsi depuis le 1er mars, jour de la publication de la circulaire, de nombreux appels à ce sujet, notamment sur la question des critères qui seraient retenus pour accorder ou refuser les temps partiels. Les appels témoignent à la fois d’une colère, cette lettre de motivation étant perçue comme inquisitrice, et d’une inquiétude face au risque de voir la demande refusée. Les délégué-es du SNUipp-FSU sont ainsi sollicités pour donner des conseils sur la manière de rédiger cette lettre, sur les arguments à y porter, ou éviter...

Pour autant, nous sommes face à un dilemme et nous préférons l’exposer publiquement afin que chacune et chacun ait toutes les informations en sa possession et agisse en connaissance de cause.

En effet, donner une consigne syndicale de refus, qui est celle qui serait la plus juste, risque cependant de porter préjudice aux collègues qui la suivraient et qui du coup pourraient être pénalisé-es par rapport aux autres. Mais les aider et les conseiller dans leur rédaction reviendrait, au moins en creux, à avaliser la disposition que nous contestons fermement, sans aucune garantie par ailleurs que nos conseils seraient les bons et suivis d’effet. A supposer que tout le monde suive nos éventuels conseils, on se retrouverait de toute façon devant la même injustice, puisque certain-es seraient quand même écarté-es.

Par ailleurs, par une telle imposition, la DASEN instaure un rapport d’autorité avec la profession. Dans une période où, face à l’augmentation de la souffrance au travail les collègues demandent plus d’écoute et de prise en compte des besoins, on répond par la fermeté et l’absence de dialogue.

Ainsi, le Conseil Syndical du SNUipp-FSU 72 qui s’est tenu ce mardi 5 mars, a décidé de s’adresser à la DASEN tout en contestant par toutes les voies possibles cette lettre de motivation. Elle est, pour le SNUipp-FSU 72, à la fois une forme d’abus d’autorité (La DASEN n’a pas à connaître les choix qui peuvent relever de l’intime et motiver une demande de temps partiel... Un supérieur hiérarchique n’est pas un confident, pas plus qu’un confesseur ou qu’un garant moral ! Et puis quoi encore !?!)

De plus, cette injonction nous apparaît comme dépassant les attributions de la DASEN puisqu’elle compte s’appuyer sur les courriers pour autoriser ou non les temps partiels. Pourtant, les textes précisent bien que la DASEN ne peut refuser une demande temps partiel sur autorisation qu’en raison de l’intérêt du service. Les motivations des courriers n’ont rien à voir avec l’intérêt du service.

Par ailleurs, des collègues nous ont signalé avoir reçu une autorisation de temps partiel indiquant très clairement une tacite reconduction (sur une période de 3 ans). Cela sous-entend qu’il n’y a pas lieu de renouveler la demande avant le terme de ces 3 années, mais l’une des collègues nous indique avoir reçu une information contraires des services de la DSDEN. Le SNUipp-FSU consulte son service administratif à ce sujet.

Les délais sont maintenant très courts, et l’enjeu réellement important puisqu’il concerne presque 300 personnes. A cela s’ajoutent les régressions de la loi Blanquer. Nous vous proposons un exemple de courrier que vous pourriez adresser à la DASEN. Nous vous invitons également à échanger au sein de vos équipes, car le risque est grand que celles-ci soient perturbées dans leur fonctionnement si des refus sont signifiés à certain-es et des autorisations accordées à d’autres.

Mais, après tout, n’est-ce pas le principal objectif recherché ? Derrière un discours de façade sur la confiance et la bienveillance, c’est la mise en œuvre d’une politique qui consiste à diviser pour mieux régner, soumettre à l’arbitraire et aux desideratas d’un.e seul.e pour mieux imposer des choix contraires à l’intérêt des personnes.

 Complément d’analyse

Le refus de temps partiel sur autorisation est motivé par la nécessité de service (Raisons objectives et particulières, tenant à la continuité du fonctionnement du service, pouvant justifier le refus par l’administration d’un droit ou d’un avantage à un agent public) et cela est rappelé par l’article 37 de la loi 84-16 du 11 janvier 1984 ci dessous :

"Les fonctionnaires titulaires, en activité ou en service détaché, qui occupent un emploi conduisant à pension du code des pensions civiles et militaires de retraite peuvent, sur leur demande, sous réserve des nécessités de la continuité et du fonctionnement du service et compte tenu des possibilités d’aménagement de l’organisation du travail, être autorisés à accomplir un service à temps partiel, qui ne peut être inférieur au mi-temps, dans des conditions définies par décret en Conseil d’Etat. Ce décret peut exclure du bénéfice du travail à temps partiel les fonctionnaires titulaires de certains grades ou occupant certains emplois ou exerçant certaines fonctions.

Les refus opposés à une demande de travail à temps partiel doivent être précédés d’un entretien et motivés dans les conditions définies par les articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l’administration."

Si votre DASEN se limitait en effet à motiver ses refus d’octroi de temps partiel sur son appréciation des motivations explicitées dans lesdits courriers, elle commettrait de fait une faute de droit en omettant de motiver sérieusement la nécessité de service. Invoquer la nécessité de service ne suffit pas, il faut en effet la motiver !

Voici ce que précise d’ailleurs lui même le Ministère de l’Éducation Nationale : « Une attention particulière doit être portée à la motivation : elle doit être individualisée et comporter l’énoncé des considérations de fait et de droit qui constituent le fondement du refus.
La jurisprudence administrative met en évidence des motifs qui peuvent être invoqués à l’appui d’une décision de refus d’organiser le service à temps partiel sur l’année. Ces motifs peuvent être, notamment, les contraintes d’organisation de l’enseignement en raison des difficultés à compléter le service libéré par le demandeur ou les nécessités d’assurer un suivi régulier des élèves.
 »

Si la DASEN opposait aux demandes l’absence de moyens suffisants en invoquant notamment le recours déjà massif à des contractuels, elle méconnaîtrait par ailleurs le troisième alinéa de l’article ci-dessus qui rappellé :

« Il est procédé globalement dans chaque département ministériel, par le recrutement de fonctionnaires titulaires, à la compensation du temps de travail perdu du fait des autorisations mentionnées au premier alinéa. L’affectation des personnes ainsi recrutées se fera par priorité dans les services où auront été données les autorisations de travail à temps partiel. »

On se demande bien du coup ce qui permet aujourd’hui aux DASEN de refuser des temps partiels sur autorisation ! La peur du surnombre ?

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Exemple de demande à temps partiel sur autorisation - n°1
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