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L’école est sauvée ! Car, le président est avec nous...

vendredi 26 avril 2019

Emmanuel Macron a souhaité ce jeudi « ne plus avoir d’ici à la fin du quinquennat de nouvelles fermetures, ni d’hôpitaux, ni d’écoles sans l’accord du maire ».

La belle affaire ! Avec l’accord du maire, en revanche, on pourra donc fermer.

Quand on observe un peu attentivement le faisceau de raisons technocratiques qui poussent un maire à consentir à la fermeture de son école, raisons induites par l’administration, par la réforme territoriale, on conscientise un double jeu somme toute limpide.

Certes, l’échelon présidentiel et ministériel se prononce un soir de grande écoute contre la fermeture d’écoles et d’hôpitaux, mais le même échelon ne change rien à la toile de fond qu’il a tissée, et qu’il tisse encore avec constance, qui continue d’agir dans le sens de la réduction des petites écoles vers leur fusion dans de grosses structures éloignées des territoires.
Quelles sont donc ces raisons ?
• Nous parlons-là des transferts de compétence scolaire aux intercommunalités qui avancent, et qui dépossèdent tout simplement le maire de la décision concernant sa commune.
• Nous parlons-là des communes nouvelles qui transforment de petites communes en quartiers de grandes unités géographiques (souvent les anciennes intercommunalités) ou de petites villes. Là encore, le maire du petit village n’existant plus, il ne peut plus consentir ou refuser la fermeture. C’est un maire bien différent, éloigné, responsable d’une administration, qui décidera.
• Nous parlons là des conventions ruralités qui continuent de se signer, là aussi sans imposition autoritaire contre les maires, mais plaçant l’élu dans un marché piégé entre maintien de poste et acceptation dans les trois ans de réduction de sites, de fusion géographique de sites de RPI… C’est un comité de pilotage, composé en majorité des représentants administratifs (préfecture, dsden, rectorat...) tous aux ordres d’une logique de diminution des dépenses publiques, et de seulement deux représentants de maires, qui sera à la manœuvre pour négocier/pressurer, et au final convaincre, de la nécessité de fusionner au nom d’une qualité meilleure du service.
• Nous parlons-là d’un contexte de fragilisation qui offre à ces processus une grande efficacité :
-baisses démographiques parce que la population d’une petite commune n’est souvent pas stable.
-Nécessités de mise aux normes des locaux scolaire d’autant plus difficiles à financer que les budgets sont rognés.
-Isolement des maires amenés à prendre des décisions lourdes sans consultation des citoyens (les décisions de passer en communes nouvelles se sont faites hors de toute période électorale),
-arrêt massif des vocations pour être maire aux prochaines élections.

Eurêka ! on peut « en même temps » dire « Pas de fermeture d’école sans accord du maire »... et en même temps fermer quand même puisque, quand il n’existe tout simplement plus, le maire ne décide plus ni d’un accord ni d’un désaccord. Quand il existe encore on fait tout pour lui inculquer l’idée qu’il faut une école pour sa commune plutôt que dans sa commune (Rapport Duran sur les conventions ruralité). Et on obtient un accord désespéré, mais un accord.

Le processus engagé de suppression des écoles qui conduit à l’émergence d’écoles privées sous ou hors contrat, partout où le service public recule de cette façon, a de beaux jours devant lui, malgré l’assurance et le regard droit du président.

Ce processus est d’ailleurs vanté, appuyé par le ministre lui-même, lorsqu’il ose soutenir officiellement la création de l’école privée hors contrat du MEDEF sur Le Mans (Ouest France de cette semaine) comme modèle à développer !

D’où vient cette partie d’échec perdante pour l’école publique, dans laquelle le roi se suicide lui-même ? Lisez les travaux sur lesquels s’appuient ces politiques. Ils proviennent de think tank comme l’institut Montaigne (qui reçoit toutes les félicitations de Jean Michel Blanquer) ou Terra Nova, composés de fondamentalistes libéraux.

Ces lobbyistes fournissent le prêt à penser de notre PDG de la Holding France et de ses agences « Maisons France services » aussi annoncées ce jeudi. De façon transversale à tous les domaines de la fonction publique, éducation, santé, social... la même posture est assumée par les ministres : un discours de principe, de communication, dans lequel
• on compatit à l’injustice dénoncée,
• on accorde confiance aux acteurs de terrain,
• on se targue de visée émancipatrice,
mais qui, dans un jeu de billard à 5 bandes, installe dans le même temps des processus
• de déshumanisation,
• d’oppression,
• de contrôle et de musellement démocratique.

Réveillons l’école. Réveillons-nous, mobilisons-nous, le 1er mai, le 9 mai, le 18 mai à Paris et après.

Ne laissons pas les fossoyeurs de l’École Publique, gratuite et laïque poursuivre plus longtemps et plus avant leur « œuvre » de destruction systématique au profit du privé.

Ne laissons pas « notre ministre » déposséder le pays de son école publique.

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