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Déclaration préalable à la CAPD du 18 juin 2019

mardi 18 juin 2019

« Si l’éducation nationale n’a jamais été très douée pour faire fonctionner l’ascenseur social, le projet de loi pour une école de la confiance, porté par le ministre Jean-Michel Blanquer, en a même abandonné l’ambition. L’objectif de démocratisation scolaire, définie comme la volonté de compenser les inégalités sociales, culturelles ou territoriales par un système éducatif obligatoire, gratuit et laïque, y laisse place à un modèle concurrentiel, où les déterminismes sociaux se trouvent contrebalancés par des coups de pouce individualisés aux plus « méritants ». Coordonnée avec le ministère de l’enseignement supérieur, l’offensive concerne l’ensemble du système éducatif, de la maternelle à l’université. »

Cet extrait d’un article rédigé par la docteure en science de l’Éducation Laurence De Cock résume en quelques phrases l’esprit des réformes engagées depuis deux ans.

Dans ce contexte, notre déclaration liminaire ne peut faire abstraction des attaques que subissent l’École publique et ses enseignant.es.

Si les mobilisations des enseignant.es des parents et des élu.es avec le SNUipp-FSU ont réussi à faire reculer sur plusieurs points le ministre, tous les dangers n’ont pas été écartés.

Ainsi demeurent des impacts lourds sur l’École publique : une remise en cause grave de la liberté d’expression des enseignant.es un cadeau de plus de 100 millions d’euros par an fait à l’école privée sans aucune contre-partie, la création d’établissements locaux d’enseignement international réservés aux classes sociales favorisées qui actent une école à plusieurs vitesses, la porte ouverte aux remplacements assurés par des étudiants sans concours ni formation, la suppression de l’organisme indépendant d’évaluation des politiques éducatives (CNESCO)…

Plus largement, le gouvernement attaque profondément la Fonction Publique et s’apprête dans la continuité des gouvernements précédents, à remettre une nouvelle fois en cause les retraites et le principe même de la solidarité intergénérationnelle. La loi sur la transformation de la fonction publique va permettre le recours massif aux contractuel-les, généralisant la précarité et mettant à mal le statut garant d’indépendance du fonctionnaire.
Il réduit le rôle des CHSCT, supprime bon nombre des compétences des Commissions Administratives Paritaires en matière de promotion et de mobilité.

La priorité au primaire et la bienveillance se traduit pour les collègues par le découragement, l’écœurement, voire la démission des personnels. Les refus de temps partiel sans motif constituent un exemple de cette maltraitance.

L’école maternelle voit au travers de la circulaire de rentrée, les programmes de 2015 clairement bousculés : Il faudrait dès la petite section s’atteler à l’apprentissage de mots et à l’entraînement à la phonologie avec des recommandations pédagogiques particulièrement précises.
Les soi-disant fondamentaux sont martelés et priorisés, pendant que l’éducation artistique et culturelle se trouve résumée à l’instauration de chorale et à la promotion de la lecture et du livre grâce à la fréquentation des bibliothèques. Pour Mireille Brigaudiot, chercheure en sciences du langage, les programmes de 2015, plébiscités par les enseignant•es de maternelle, ont été publiés par arrêté, et cette circulaire de rentrée dont de nombreux éléments ne sont pas conformes aux Programmes, n’a aucune valeur. C’est aussi l’avis du SNUipp-FSU de la Sarthe.

Venons-en au principal sujet qui va nous occuper aujourd’hui : le mouvement départemental.

Depuis la publication de la note de service mobilité en novembre 2018, le Ministère a tout fait pour remettre en cause le fonctionnement départemental du mouvement avec sa nouvelle application et a mis fortement en tension les enseignant.es et les personnels administratifs des DSDEN. Changer est juste lorsqu’il s’agit d’améliorer. Mais de quelle amélioration s’agit-il donc ? Le ministère auto proclamé de la bienveillance, en imposant ce nouveau système, avait-il pour objectif d’améliorer le taux de satisfaction des collègues dans l’accession aux postes vacants, considérant que la qualité du service dépend du bien être de ses agent.es ? Personne ici ne peut soutenir cette idée. Chacun-e sait que l’amélioration poursuivie est celle d’automatiser, de simplifier, afin d’adapter le processus à la diminution drastique des postes administratifs. Nous n’admettons pas cette absence d’ambition, cette résignation imposée. Car la démarche est profondément déstabilisante, et cette déstabilisation sert d’autres objectifs de fragilisation de l’école publique au profit de l’école privée, comme le confirme par exemple le soutien du ministre aux écoles privées « espérance banlieues ».

Dans ce contexte les calendriers locaux initiaux n’ont pu être respectés, engendrant des retards de plusieurs semaines. Cela crée un climat délétère pour tous les acteurs et actrices de cette opération de gestion.

Une modalité d’affectation nous interpelle tout particulièrement : celle sur la base du vœu large croisé avec les MUG qui impose de fait des affectations autoritaires. Il semble que nous soyons face à une grande loterie des postes, avec seulement des perdant.es, les enseignant.es, et en particulier les 23 collègues concernés par ces affectations codées 999. 13 collègues se voient affecté.es à 40 kilomètres ou de leur premier vœu, censé être la balise GPS de référence ! Le triste record atteignant 69 km. Notre position de porte parole de la profession nous fait affirmer ici, que les conflits entre vie professionnelle et vie privée, déjà constatés trop nombreux, doivent être diminués, plutôt qu’augmentés.
Nous rappelons notre attachement à l’équité et à la transparence dans les affectations, dans l’intérêt même du service. En effet, le service rendu ne sera que meilleur s’il s’exerce en respect maximal des attendus de la profession, de chaque collègue, et dans une visibilité sur les modes d’affectation permettant à chacun-e d’accepter les contraintes incompressibles qui peuvent les toucher par nécessité de service.

Nous réaffirmons notre ferme opposition aux postes à exigences particulières et aux postes à profil. Nous rappelons notre revendication de disparition de ce mode d’affectation. Pour le SNUipp-FSU seule l’AGS doit départager les candidat.es volontaires car c’est dans l’exercice des missions que les collègues apprennent et se forment.
C’est à l’institution de se donner les moyens de former ses personnels, comme ce devrait être le cas, lorsqu’il s’agit des départs en formation d’enseignant.es spécialisé.es.

La gestion des départs en formation CAPPEI cette année restera assurément dans les mémoires : la gestion des ULIS et des départs en formation spécialisée qui aurait dû les accompagner, met en lumière une impréparation totale et ne permettra pas de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap. L’affichage et la communication ministérielle cachent une réalité bien différente. Nous réaffirmons qu’il est inacceptable que l’Éducation Nationale ne permette pas à l’ensemble des élèves, quels que soient leurs situations, d’avoir des enseignant.es formé.es et titulaires de leurs postes. C’est une manière bien étrange de concevoir l’école inclusive et la prise en compte des élèves dits « à besoins éducatifs particuliers »... Les affectations à TP sont à nouveau la preuve de l’insuffisance des départs en formation que nous nous évertuons à faire entendre à notre administration, tant elles sont préjudiciables à la continuité et la qualité du service public d’éducation dont vous avez, Madame la directrice académique, la responsabilité.

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