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Déclaration préalable à la CAPD du 11 juillet 2019

jeudi 11 juillet 2019

Une rentrée scolaire, cela s’anticipe, cela s’organise, cela se prépare, avec les personnes concernées. Cela ne se gère pas par un tableau excel et une liste de course, comme semblent le penser celles et ceux qui devraient mettre leur énergie à soutenir les enseignant.es afin que la rentrée se passe dans les meilleures conditions possibles.

Jusqu’à présent, l’affectation des nouvelles et des nouveaux enseignant.es ainsi que le changement d’école et/ou d’établissement de celles et ceux déjà en poste étaient organisés par une procédure de « mouvement intra-départemental », dont les règles étaient déterminées en fonction des spécificités de chaque département, avec une participation active des représentant.es élu.es des enseignant.es à la CAPD.

Ces règles permettaient de porter une attention particulière aux situations des écoles, des personnels et des territoires, même si le résultat final n’était pas toujours satisfaisant pour un certain nombre de collègues. En effet, la nécessité du service, c’est-à-dire le droit des élèves à bénéficier d’enseignant.es formé.es et titulaires entraînait des affectations parfois non désirées.

Ces décisions pouvaient être comprises parce qu’appliquées dans l’équité et la transparence. Les représentant.es du personnel rappelant l’importance de règles communes et défendant une École publique de qualité sur l’ensemble du territoire, sans distinction. Cela s’appelait le mouvement et celui-ci s’articulait avec le paritarisme. Ce dernier était le socle qui permet à la fonction publique de bien fonctionner, grâce à l’adhésion des agent.es d’autant mieux convaincu.es d’être au service de l’intérêt général que leurs représentant.es étaient reconnu.es comme participant du bon fonctionnement et de l’évolution du système, au bénéfice des personnels et des élèves, sans les opposer.

Anticipant la réforme de la fonction publique ou plus exactement son dépeçage, le ministre de l’Éducation Nationale a décidé — unilatéralement — de dynamiter le mouvement des enseignant.es du 1er degré.

Le « mouvement », propre à chaque département, a été remplacé du jour au lendemain ou presque, par une gestion algorithmique et ministérielle, comme si la vie de chaque école maternelle, de chaque école élémentaire et primaire de France pouvait être conduite depuis le ministère de manière appropriée.

Une gestion dont on mesure aujourd’hui, 11 juillet, toute l’efficacité et toute la bienveillance.

Ainsi, l’audience demandée par les sections SNUipp-FSU de l’académie de Nantes au recteur (obtenue le vendredi 5 juillet à 15h30 en présence des 5 DASEN de l’académie) a montré le gouffre qui sépare les analyses et réalités des personnels de celles de la hiérarchie.

Tout va bien (le recteur déclarant « votre vision de l’échec n’est pas la nôtre ») et les « quelques » problèmes rencontrés qui n’ont pourtant aucun équivalent dans l’histoire des mouvements départementaux : calendrier contraint, bugs d’affectations, documents de travail impossibles à traiter dans des délais décents, algorithme qui ne respecte pas le règlement du mouvement… Ne sont que passagers puisque l’on expérimente et que l’an prochain, tout ira mieux.

Les collègues sans poste, nommé.es à titre définitif à plus de 60 km de leur domicile, les équipes qui ne connaissent pas aujourd’hui l’intégralité de leurs membres ne partageront sans doute pas l’analyse du recteur.
Pourtant, les exemples d’incompréhension, de mécontentement, de souffrance au travail chez les enseignant.es et les personnels administratifs sont nombreux et en voie d’augmentation. Mais ils sont balayés par les personnels d’encadrement (DASEN et Recteur) droits dans leurs bottes et déconnectés des réalités du terrain, qu’il s’agisse de celles des écoles comme de celles des bureaux de l’administration.

Le SNUipp-FSU est consterné face à une posture caricaturale . qui vise à présenter une vision manichéenne de la situation : « Pour nous tout a fonctionné, pour vous c’était mieux avant ».

Notre objectif en tant qu’organisation syndicale majoritaire dans le 1er degré au niveau de l’académie est de porter l’avis et le vécu de nos collègues, n’en déplaise au Ministre, aux Recteur.trices et aux IA-DASEN.

En formulant des éléments d’analyse et de bilan, en faisant des propositions, en refusant toute cogestion et tout « classement » des fonctionnements départementaux ou des arbitrages des DASEN, il nous semblait utile que l’administration et son éminent représentant académique prennent la mesure des conséquences d’une gestion courtermiste et managériale des personnels. Force est de constater que face à une désorganisation massive de l’École publique le Ministre, les recteur.trices et les DASEN vont toutes et tous entonner le classique de Ray Ventura et ses collégiens... « Tout va très bien, madame la marquise... » Jusqu’à ce que l’Éducation Nationale parte en fumée...

Pour ce qui nous concerne, nous appelons toutes et tous les enseignant.es ainsi que l’ensemble des parents d’élève, conscient.es de la casse actuellement opérée avec acharnement et obstination, à signer « la déclaration d’amour aux enseignant.e.s en grève - premiers remparts contre l’ignorance et l’exclusion » et à poursuivre les mobilisations cet été et à la rentrée afin que la parole du terrain, qu’il s’agisse de celle des enseignant.es ou de celle des parents, qui défendent des valeurs d’émancipation, de solidarité, d’exemplarité et de commun fasse son chemin et prépare les luttes à venir. « Un incident, une bêtise... » La mort d’un service public...

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