Retour accueil

fontsizeup fontsizedown {id_article} impression envoyer l'article par mail envoyer par mail

Grève du 5 décembre - Les contre-vérités de JM Blanquer et E. Macron

mercredi 4 décembre 2019

Déroulé de la journée du 5 décembre

10h-11h

Rassemblement face à la DSDEN pour dénoncer nos conditions de travail, le New Public Management et récolter l’ensemble des cahiers de doléances.

Lecture d’extraits des cahiers face à la DSDEN.. Et, expressions artistiques...

11h-11h30 - DSDEN 72

Départ en manifestation de enseignant.es vers le gymnase Rondeau pour l’Assemblée Générale des personnels de l’Éducation Nationale.

11h30 - 13h - Gymnase Jean Rondeau - Lycée Yourcenar

Assemblée Générale des personnels de l’Éducation Nationale.

13h30 - Parvis de la Gare (nord)

Manifestation interprofessionnelle

Panique rue de Grenelle - Déconstruire le discours médiatique du Ministre

Ministre de l’éducation nationale dans un gouvernement aux abois, Jean-Michel Blanquer s’est adressé par mail à l’ensemble des professeur.es des écoles pour les convaincre du bien-fondé de la réforme des retraites par points.

Le SNUipp-FSU de la Sarthe reprend un à un les arguments qu’il avance, et vous propose un décryptage précis des “éléments de langage” mis en place par le gouvernement.

« Une règle simple et juste : un euro cotisé dans le système apportera les mêmes droits. »

Comme l’a justement souligné l’économiste Thomas Piketty sur France Inter le 3 décembre, c’est faire fi des différences d’espérance de vie :« Quand vous avez des ouvriers qui vont vivre à la retraite dix ans de moins que les cadres supérieurs et que l’on oublie comme par hasard de prendre ça en compte dans le calcul des taux de cotisation et de remplacement, l’arnaque est quand même un peu énorme, parce qu’au final, ce sont ceux qui vont vivre 10 ans de moins qui vont cotiser pour ceux qui vont vivre 10 ans de plus. »

« le nouveau système de retraite sera un système de répartition, comme aujourd’hui, basé sur la solidarité entre les générations »

C’est vrai sauf que la baisse drastique des pensions poussera inexorablement ceux et celles qui en auront les moyens vers la capitalisation pour obtenir un complément de retraite.

« nous inscrirons dans la loi la garantie que la valeur du point ne pourra pas baisser ; ainsi nous garantirons le niveau des pensions et le pouvoir d’achat des retraités ; »

Le ministre parle de la valeur du point et non des valeurs du point car le gouvernement disposera de deux leviers pour faire varier (baisser) le montant des pensions : jouer sur la valeur d’achat du point (conversion des cotisations retraite en points tout au long de la carrière, valeur fixée à 10 € le point pour pour 2025) et sur la valeur de service du point (conversion au moment du départ en retraite des points accumulés en montant annuel brut de pension, valeur fixée à 0,55 € le point pour 2025). Et pour réviser annuellement ces valeurs, pour baisser les pensions, plus besoin de recourir à la loi donc plus de contestation possible. C’est aussi cette volatilité des valeurs du point qui rend impossible la prévision plusieurs année à l’avance du montant de la pension que chacun percevra.

« nous mettrons en place un minimum de pension à 1000 euros par mois pour ceux qui ont une carrière complète. »

C’est vrai, mais seulement pour les carrières complètes, uniquement pour ceux et celles qui auront cotisé au moins pendant 165 trimestres... alors que l’entrée dans la vie active est de plus en plus tardive, les carrières de plus en plus hachées en particulier pour les femmes...

« ils (les fonctionnaires) cotiseront dorénavant sur toute leur rémunération, y compris sur leurs primes ; »

C’est vrai mais cette mesure est particulièrement défavorable aux PE qui perçoivent comparativement à l’ensemble de la fonction publique très peu de primes (les primes représentent en moyenne 8 % du salaire brut pour les PE contre près de 30 % pour les fonctionnaires d’État non enseignant-es). Combinée à la limitation à 14 % de la part du PIB consacrée aux retraites et à la prise en compte de l’ensemble de la carrière en lieu et place des 6 derniers mois, cette mesure entrainera une baisse drastique des pensions, jusqu’à 900 € pour les PE !

« Nous étendrons à la fonction publique la reconnaissance de métiers pénibles »

Cela est effectivement cité dans le rapport Delevoye qui évoque un hypothétique compte pénibilité permettant, au mieux, d’anticiper son départ de 2 an mais sans préciser qui sera concerné... Cela existe déjà dans le secteur privé mais est peu suivi d’effets et ne concerne que le travail pénible physiquement (travail de nuit, travail posté, port de charges lourdes). Qui peut croire que les enseignant-es seront concerné-es alors même que notre temps de travail est souvent jugé insuffisant que ce soit par Blanquer ou Macron ?

« le Gouvernement s’est engagé à ce que la mise en place du système universel s’accompagne d’une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique »

Le président Macron a clairement conditionné toute revalorisation salariale des enseignant-es à une augmentation de notre temps de travail et en particulier à une réduction de nos vacances scolaires, à l’image des cinq jours de formation obligatoire sur temps de vacances rémunérée en supplément. Aussi, il ne pourrait s’agir d’une revalorisation globale, mais de primes conditionnées à des missions, comme la prime pour l’éducation prioritaire attribuée au mérite ou la fonction de directeur qui serait revalorisée en échange d’un statut hiérarchique. Cela entraînerait en réalité une explosion des inégalités à l’intérieur même du monde enseignant, basée sur une gestion des carrières «  à la tête du client  » et contraignant à la docilité. C’est ainsi à un véritable chantage que se livre le gouvernement, le choix entre la peste et le choléra : d’un côté, une nouvelle dégradation de nos conditions de travail dans un contexte déjà plus que tendu, de l’autre une retraite fortement dégradée qui vouerait nombre d’entre nous à vieillir dans la précarité.

Nous retranscrivons ci-dessous un extrait des propos du président Macron tenus lors de sa venue à Rodez, le 3 octobre :

https://youtu.be/nir-M6zzHsw?t=11552 (vous verrez lors de ce « débat » E. Macron asséner en toute connaissance de cause une « fake-news » au sujet du montant des pensions des enseignant.es retraité.es !

"Si je revalorisais, comme je veux le faire, l’ensemble des enseignants… quand on parle de l’Éducation nationale dans notre pays, on parle d’un million de fonctionnaires. C’est le premier employeur du pays. Si je voulais revaloriser comme ça, c’est dix milliards ! Je vais pas mettre dix milliards demain ! C’est vos impôts, hein ! Ou c’est le déficit, c’est la dette pour nos enfants.

Donc. C’est investir sur notre éducation, faut repenser la carrière. Ça veut dire qu’il faut qu’on arrive à ce que la carrière progresse davantage. Qu’on ait un vrai dialogue avec l’ensemble des enseignants et leurs représentants. Il faut dire comment on fait mieux progresser la carrière, comment on paie mieux, comment du coup, parce qu’on paie mieux, peut-être on change aussi le temps de travail, la relation au travail, et je pense que les enseignants de votre génération ils sont tout à fait prêts et ils le font d’ailleurs, bien souvent, hors du temps scolaire, d’accompagner les jeunes différemment, que ce soit valorisé, que ça puisse être demandé aux enseignants. Que le métier change. Qu’on regarde aussi les périodes de vacances, par rapport aux autres. Et puis qu’on pense sa carrière, en valorisant beaucoup plus qu’on ne le fait aujourd’hui les périodes d’encadrement. Aujourd’hui quand vous êtes directeur dans le primaire, directeur de collège, c’est terrible ! C’est sous-valorisé. Ça crée des situations de stress très dures. Donc, qu’on valorise mieux cela."

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

ADRESSE : SNUipp-FSU 72, 29 Place d’Alger 72000, Le Mans Tel : 02 43 77 12 26 Fax : 02 43 23 33 73 Email : snuipp72