Retour accueil

Vous êtes actuellement : Sociétal   / CoronaVirus  


fontsizeup fontsizedown {id_article} impression envoyer l'article par mail envoyer par mail

Crise sanitaire : Compte-rendu de l’audience en audio-conférence avec la DASEN de la Sarthe le mardi 22-09-2020

jeudi 24 septembre 2020

Tous les mardis depuis le 8 Septembre, une délégation des représentants FSU et UNSA au CHSCT rencontre la DASEN en Visio. Ces entretiens, exclusivement centrés sur la gestion de la crise sanitaire, ne remplacent pas les instances officielles (réunions du CHSCT) . Elles sont un point permettant une prise d’informations et des remontées de situations.

Point de situation au 22 septembre :
Expression de la Directrice Académique :
La situation sanitaire : le taux d’incidence en Sarthe se situe à 55,2, il diminue mais le département reste toujours en zone rouge. La vigilance doit donc continuer à s’appliquer dans la vie privée et professionnelle.

Les chiffres vont évoluer de par la reprise des enfants et adultes isolé-es depuis quatorze jours et le nouveau mode de comptabilisation des cas positifs et des cas contact. D’ailleurs, les directeurs-trices d’école trouveront dans la « Foire aux questions » (FAQ) publiée le 21/09/2020 et les infographies qui l’accompagnent et qui leur ont été directement destinées, la procédure actuelle à prendre en compte face à un cas contact et un cas confirmé d’élèves et d’enseignant-e-s dans le 1er et 2nd degré.

Expression de la FSU : Ont été regrettés la diffusion tardive de la FAQ et le fait que les nouveautés ne soient pas surlignées.

Cas contact/ Personnels vulnérables
Question FSU : Un-e personnel de l’Éducation Nationale présente des symptômes qui font penser au COVID 19. Quelle est la conduite à tenir ?

Réponse DASEN : En cas de présence de symptômes, la personne consulte son médecin qui prescrit, si suspicion, un test et la mise à l’isolement jusqu’au résultat. Si le test est négatif et qu’aucune autre pathologie n’a été décelée, l’agent retourne dans son établissement. Si le-la médecin considère que les symptômes de l’agent-e ne relèvent pas de ceux de la COVID, il reprend son travail. Si l’agent-e est considéré « cas contact à risque », il-elle est isolé-e et un test est pratiqué mais pas avant le 7e jour. En attendant, une organisation du travail peut être mise en place dans le cadre de la continuité pédagogique.

L’autorisation spéciale d’absence (ASA) s’applique au parent d’un-e enfant mis-e à l’isolement et sans solution de garde.

Les critères qui déterminent la vulnérabilité sont détaillés dans la FAQ.

Le personnel administratif peut, dans la mesure du possible, profiter du télétravail (3 jours/semaine maximum). En revanche, les enseignant-es vulnérables ne peuvent pas prétendre au télétravail. Ils-elles doivent travailler munis d’un masque chirurgical de type 2 fourni par l’institution.

Question FSU : Certains personnels vivent avec des personnes (conjoint-e, enfant) présentant des symptômes. Dans l’attente des résultats du test, doivent-ils-elles se présenter dans leur établissement ?

Réponse DASEN : Oui, pas d’isolement tant que le cas n’est pas avéré positif par un test. Pas de détermination de cas contact avant la confirmation d’un cas positif par un test. Le-la personnel concerné-e doit seulement prendre des précautions dans le cadre familial.

Analyse de la FSU : Alors que partout des mesures de plus en plus restrictives se mettent en place, le Ministère acte des mises à l’isolement plus restrictive. Ainsi la notion de cas contact ne s’applique que suite à des tests positifs. La FSU continue de penser que pour casser des chaînes de contamination et protéger au mieux les élèves, leurs familles et les personnels des mesures d’isolement en cas de suspicion et dans l’attente des résultats seraient préférables. La demande de « prendre des précautions dans le cadre familial » semble peu réaliste. Si nous sommes bien conscient-es que l’école est d’une importance fondamentale pour les élèves, nous pensons néanmoins que cela ne peut se faire au détriment de la santé. Ces nouvelles restrictions prouvent par ailleurs que la motivation gouvernementale réelle ne se situe pas dans la continuité des apprentissages mais dans celle de l’économie.

Charge de travail
Question FSU : La crise sanitaire actuelle pèse beaucoup sur la charge de travail de l’ensemble des personnels de l’Éducation Nationale (et pas seulement sur les enseignant-es). Est-ce que la surcharge de travail liée au COVID est prise en compte dans l’organisation des postes de travail des personnels (en particulier chef-fes de service mais pas seulement) par la DSDEN de la Sarthe ?

Réponse DASEN : Une cellule de crise avec du personnel médical tournant et du personnel non tournant a été mise en place. Des dispositions particulières ont été prises au sein des services de la DSDEN 72 depuis début mars pour les agent-es et chef-fes de service puisqu’il a fallu préparer la rentrée dans le contexte du confinement et déconfinement avec l’organisation du télétravail, le bouleversement complet des calendriers d’affectation, du mouvement… Certaines priorités de traitement des dossiers ont été revues, des dispositifs spécifiques ont été mis en place (cellule de crise évoquée précédemment), un cadre administratif a été recruté en plus des personnels en renfort. L’objectif est d’accompagner au mieux les équipes et élèves sur le terrain. La DSDEN s’emploie depuis mars à simplifier de façon drastique certaines procédures pour alléger la charge des CDE et directeurs-trices d’école. Une réflexion s’est engagée au niveau départemental et national pour rendre pérennes ces allégements. Par exemple modification de la procédure de demande de dérogation pour l’inscription en 6e grâce à la réduction des volets 1 et 2, des formats papiers, dématérialisation…

Question FSU : Qu’est-ce qui est prévu pour permettre aux directeurs-trices d’écoles et aux chefs de service d’avoir des temps de repos et le respect de leur droit à la déconnexion ?

Réponse DASEN : Dans ce contexte de crise, déconnecter les personnes qui sont responsables des structures est impossible. Un fonctionnement particulier a été mis en place pour permettre d’apporter des réponses rapides au gré des situations qui se déclarent comme un lien direct entre directeurs-trices et IEN. Les chef-fes d’établissement peuvent questionner la cellule. Actuellement la situation s’améliore, la communication est facilitée par des documents qui avaient été préparés. L’IEN-Adjoint en prépare de nouveaux pour correspondre à la nouvelle FAQ.

Dans les cas confirmés, les directeurs ne sont pas d’astreinte comme les CDE mais il a pu arriver que des demandes soient faites ponctuellement en fin de semaine. Une attention particulière sera portée à ce que plus d’aides soient apportées aux directeurs-trices.

Question FSU : Il a été fait remarquer que du point de vue des directeurs-trices, la simplification administrative évoquée dans la réponse précédente n’était pas encore ressentie, pour preuve la remontée des PCS avec des délais et un calendrier peu appropriés.

Réponse DASEN :Pour les PCS, l’éducation prioritaire va être re-labellisée et une attention particulière est à porter sur cette information. L’école fonctionne dans un contexte sanitaire qui impose une charge de travail supplémentaire. Mais avec le nouveau protocole sanitaire des classes vont reprendre et le travail de tous va être allégé côté gestion de crise sanitaire.

Analyse de la FSU : La reconnaissance d’une hausse de la charge de travail est une bonne chose. Ces constats, partagés par toutes les catégories de personnels, devraient amener à des réponses structurelles à commencer par le recrutement d’enseignant-es pour baisser le nombre d’élèves par classe, recrutement de personnels administratifs pour absorber la charge de travail, et la création d’un corps d’aide administrative à la direction d’école dans le premier degré.

Les effets du port du masque :

Question FSU : Beaucoup d’enseignant-es rapportent des maux de tête et une grande fatigue générale due au port du masque en permanence (manque d’oxygénation, chaleur …). L’éducation nationale a-t-elle prévu des mesures pour que le port du masque soit supportable ?

Réponse DASEN : A moins de s’isoler seul-e dans un bureau, rien n’est prévu. En collège et en lycée, le port du masque est obligatoire à l’intérieur et l’extérieur des locaux.

Analyse de la FSU : L’employeur devrait fournir des masques plus supportables et plus protecteurs que ceux fournis actuellement. Nombre de personnels se fournissent en masque chirurgicaux à leurs frais ce qui n’est pas acceptable.

Question FSU : La grande majorité des enseignant-es décrivent une grande fatigue des cordes vocales, due elle aussi au port du masque, qui assourdit les sons et oblige à parler plus fort, tout en ayant une ventilation moindre. Cette sur sollicitation des cordes vocales peut conduire très rapidement à des cas d’aphonie, ou même à la formation de nodules (parfois permanents) sur les cordes vocales. Des mesures préventives ou curatives sont-elles prévues ?

Réponse DASEN : Pour pallier les problèmes de voix, reconnus comme risque professionnel des enseignant-es et pris en charge depuis un certain temps, des orthophonistes spécialisé-e-s et la MGEN peuvent être contactés. L’organisation de formations sur la voix fera l’objet d’une réflexion avec M. l’IEN-adjoint et d’une communication ultérieure.

Question FSU : L’imputabilité au service de tels troubles de la voix sera-t-il reconnu ?

Réponse DASEN : Ceci ne dépend pas de la décision de la DASEN.

La formation des enseignants :

Question FSU : Au vu des conditions sanitaires actuelles, quelle forme va être privilégiée pour la formation continue des enseignants, le présentiel ou le distanciel ?

Réponse DASEN : La mise en œuvre des consignes sanitaires doit être privilégiée. Pas de modèle imposé. La taille du groupe doit être adaptée.

Analyse de la FSU : Pour la FSU, les formations doivent se tenir en présentiel. C’est donc une adaptation (taille des groupes et des salles) qui doit avoir lieu. Le distanciel ne correspond pas à aux exigences qualitatives de formations de qualité.

Le brassage qui doit être évité dans les écoles.

Question FSU : Les enseignant.e.s remplaçant.e.s, titulaires secteur, AESH, ou membres du RASED, en contact avec des groupes classes et/ou des élèves appartenant à des groupes classes différents sont-ils et elles soumis.es à des règles sanitaires particulières ?

Réponse DASEN : Des consignes sur différents types d’intervention ont été développées avec les inspecteurs de l’éducation nationale et l’inspectrice AESH. L’objectif était d’éviter le brassage avec les élèves et d’avoir des groupes toujours identiques pour éviter les nouvelles contaminations. Aujourd’hui, avec les nouvelles mesures, un-e enseignant-e spécialisé-e qui porte un masque, même s’il-elle est positif-ve, a un impact sur les élèves réduit à zéro parce qu’il-elle porte un masque. Aucun-e de ses élèves n’est considéré cas contact à risque, y compris si cet-te enseignant porte l’un des masques grand public de type 1 qui ont été distribués et qui, comme c’est marqué sur l’étiquette, protège à 98 %. Ceci va assouplir le fonctionnement relatif aux adultes qui sont amené-es à circuler et aux élèves dans les ULIS. Ceux-ci devaient rester soit dans leur classe ULIS soit dans leur classe de référence. Le fonctionnement en classe ULIS va redevenir normal avec des inclusions momentanées en fonction des cas. Pour l’heure il n’y a pas encore de communication officielle sur les ULIS mais cela devrait se faire sous peu.

Analyse de la FSU : voir après la question suivante.

A propos de la définition des cas contacts par l’ARS des Pays-de-la-Loire
.

Question FSU : L’ARS des Pays de la Loire considère-t-elle comme certains médecins français que les enfants sont peu contagieux ? Si oui, à partir de quel âge considère-t-elle qu’ils le deviennent ?

Réponse DASEN : La FAQ fait référence sur ce point à l’avis du Haut conseil de la santé publique du 17 septembre 2020 : désormais les enfants jeunes ne sont plus considérés comme aussi contagieux que des adolescents ou des adultes. Mme la DASEN précise qu’en tant qu’inspectrice d’académie, elle doit seulement veiller à l’application des mesures sanitaires et ne peut commenter cette décision.

Analyse de la FSU : Cette décision du ministère interroge. La France, et son Haut conseil à la santé, est la seule à défendre à ce point cette idée d’enfants non contaminants. Ailleurs il y a au pire débat, mais les autorités restent sur l’idée prudente qu’ils-elles peuvent l’être.

Une étude menée sur les clusters, en cours d’investigation, par type de collectivité entre le 9 mai et le 14 septembre 2020 montre que les milieux scolaire et universitaire sont en seconde position (22%) derrière les entreprises privées et publiques. Par ailleurs selon des données publiées sur Santé Publique France le taux d’incidence des cas de SARS-COV-2 chez les 0-14 ans est en forte augmentation depuis la semaine 23-2020 (données du 16 septembre 2020, source SI-DEP), y compris chez les 0-4 ans et les 0-9 ans. Comment peut-on comprendre dans ce contexte que les enfants jeunes ne soient pas considérés comme contagieux et que tout cas contact en école primaire, avec des enfants sans masques, soit exclu ? Pour la FSU, le principe de précaution devrait s’appliquer en attente de certitudes.

En faisant ce choix, la question de la fiabilité des masques grand public distribués aux enseignant-es est évacuée : puisque les enfants ne peuvent pas contaminer, il n’y a plus de problème. Du coup, seule la capacité du masque à protéger les élèves de la contamination par un-e adulte positif-ve à la COVID est prise en compte…une conception qui de notre point de vue, et compte tenu des informations convergentes à son encontre, ne permet pas d’assurer une sécurité sanitaire satisfaisante des personnels. La FSU réclame de nouveau la fourniture de masque chirurgicaux à l’ensemble des personnels.

Voir en ligne : voir les autres points de situation sur le site de la FSU 72

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

ADRESSE : SNUipp-FSU 72, 29 Place d’Alger 72000, Le Mans Tel : 02 43 77 12 26 Fax : 02 43 23 33 73 Email : snuipp72