Retour accueil

Vous êtes actuellement : Sociétal   / Droits et Libertés  


fontsizeup fontsizedown {id_article} impression envoyer l'article par mail envoyer par mail

Expression FSU 72 contre la loi Sécurité Globale

mardi 17 novembre 2020

Rassemblement contre la loi Sécurité Globale ! La FSU 72 et ses syndicats étaient présent·es et mobilisé·es contre un projet liberticide. Après les prises de parole, une manifestation a arpenté dans les rues du centre ville du Mans en rappelant les dangers notamment des articles 21, 22 et 24 d’une loi profondément hostile aux libertés et aux droits de citoyennes et citoyen !

Ce projet de loi « sécurité globale » que présente le gouvernement aujourd’hui à l’assemblée nationale prévoit des mesures qui, comme cela vient d’être dit, restreindraient gravement les libertés publiques et notamment le droit à la vie privée, à la liberté d’information, à la liberté de manifester. Sans offrir aucune garantie supplémentaire contre le terrorisme, cette loi empêcherait de fait toute dénonciation des dérives et violences policières. Nous pensons ici au film de David Dufresne autour duquel la FSU Sarthe a proposé un débat le mois dernier, composé d’images dont il dit lui même qu’elles auraient été interdites si cette loi avait été en vigueur.

La FSU, en accord avec les associations de défense des droits de l’Homme, de la liberté de la presse, ainsi que la Défenseure des droits, dénonce de graves dangers pour le respect de la vie privée, pour la liberté d’information et pour la liberté d’expression tous garantis par la Constitution. Rappelons que c’est au nom de ce dernier principe que Samuel Paty, notre collègue, a été assassiné. Il serait indigne de le bafouer ainsi.

Les images de vidéoprotection, démultipliées puisque produites par des caméras fixées sur les policiers eux-mêmes, produites par des drones, pourraient être exploitées en temps réel, sans objectif explicite. Des policiers municipaux, pourtant non habilités pour enquêter sur les actes terroristes, pourraient eux aussi les consulter. Le risque est patent qu’elles servent notamment à la reconnaissance faciale des manifestantes et des manifestants, en lien avec les données enregistrées par la police dans ses divers fichiers. Cette loi permettrait une collecte massive, indistincte et inédite de données très intrusives à caractère personnel.

Le gouvernement entend également restreindre, voire interdire la diffusion d’images de policiers dans l’exercice de leurs fonctions, y compris par la presse, et même en l’absence d’intention malveillante envers les fonctionnaires de police. C’est la confirmation que la logique confrontationnelle du maintien de l’ordre qui prévaut depuis plusieurs années, loin de changer, est maintenue. C’est donc d’abord la volonté de masquer la montée en puissance des violences policières qui préside à cette loi. S’il est légitime de vouloir protéger l’identité des fonctionnaires de police en dehors de leurs fonctions, dénoncer les violences de certains individus est un droit et même un devoir.

Pourquoi censurer les images de violences policières ? Parce qu’elles font mauvais effet, et sont plus difficiles à nier pour un gouvernement qui a théorisé une pratique violente du maintien de l’ordre ? Rappelons que cette pratique française est décriée sur le plan international.

L’action des forces de sécurité est par nature publique, et la publication d’images relatives aux interventions de police est légitime et nécessaire au contrôle démocratique, interne comme externe aux forces de sécurité.

Pour la FSU, une police républicaine au service de la population ne doit rien avoir à cacher, et le droit à l’information doit être respecté.

Une société dominée par le répressif et l’arbitraire, s’appuyant sur le contrôle des populations par un usage débridé de nouvelles technologies, mène à l’impasse.

Au contraire, et plus fortement encore aujourd’hui, c’est l’exigence démocratique, corollaire d’apaisement, qui doit prévaloir.

C‘est à l’amélioration des conditions de vie, à la résorption des inégalités, de la pauvreté, à la fin des discriminations, au renforcement et à l’accès aux droits sociaux, à l’éducation, à la culture…qu’il faut s’attacher.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |

ADRESSE : SNUipp-FSU 72, 29 Place d’Alger 72000, Le Mans Tel : 02 43 77 12 26 Fax : 02 43 23 33 73 Email : snuipp72