SNUipp-FSU de la Sarthe
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Dotations Rentrée 2019 - La pénurie de postes s’étend !
vendredi, 21 décembre 2018
/ Julien Cristofoli

La carte de la répartition nationale

Dotation nationale par académies

Le 19 décembre, au cours du CTM réuni à Paris, le ministre a présenté la répartition de la dotation en postes pour chaque académie.
Les 2325 postes sont répartis ainsi :

Académies Dotation   Académies Dotation
Aix-Marseille
+ 110
  Montpellier
+ 49
Amiens
+ 15
  Nancy-Metz
0
Besançon
0
  Nantes
0
Bordeaux
+ 94
  Nice
+ 38
Caen
0
  OrlÈans-Tours
0
Clermont-Ferrand
0
  Paris
+ 40
Corse
+ 48
  Poitiers
0
Créteil
+ 502
  Reims
0
Dijon
0
  Rennes
0
Grenoble
+ 31
  Rouen
+ 34
Lille
+ 44
  Strasbourg
+ 56
Limoges
0
  Toulouse
+ 55
Lyon
+ 175
  Versailles
+ 462
France métropolitaine : + 1 753
Guadeloupe
0
  Martinique
0
Guyane
+ 150
  Mayotte
+ 150
La Réunion
+ 122
   
DOM : + 422
TOTAL : + 2 175
À ce total, s'ajoute une " réserve " de 150 postes...

Analyse de la carte scolaire au niveau nationale

Ce tableau montre s’il en était besoin la métropolisation en cours.
Si l’on met à part les DOM pour leur situation très particulière,

Restent 439 postes (23 % des postes métropolitains) pour les 16 académies restantes qui représentent pourtant 66,6 % des académies métropolitaines.

Il est clair que la population quitte les campagnes pour rejoindre la ville.

La désertification n’est pas un vain mot.

Qui migre vers les villes ? Celles et ceux qui ont les moyens d’aborder le prix des logements urbains. La désertification s’accompagne donc d’une paupérisation, les populations ne trouvant plus à se loger en ville devenant captives d’espaces éloignés des centres.

Dans ce contexte, nous apprenons que les seuils seraient remis en cause pour cette carte scolaire. Des enveloppes de postes, négatives ou positives, mais bien sûr négatives vu ce qui se profile, seraient attribuées aux intercommunalités qui seraient chargées de ventiler sur les communes.

Plus aucun critère commun, chacun se débrouille. Les maires pourraient être tentés par cette décision de transfert de gestion sur les intercommunalités. Ils pourraient croire en une forme de décentralisation démocratique.
Hélas, ce qui naît avec cette mesure, c’est une situation d’une grande violence, car cela va organiser une concurrence mortifère entre les communes. En effet, les intercommunalités (15 en Sarthe) sont de grosses structures aux fonctionnements trop souvent verticaux. Aussi il y a fort à craindre qu’appartenir au réseau politique du ou de la président-e ne devienne plus important que la justice de traitement entre les écoles. S’ajoute à cela la convention ruralité qui va pousser au regroupements en général et plus particulièrement des CM sur les collèges et qui proposera contre un poste par ci par là pour 3 ans (150 nationalement), des engagements structurels de fusion.

Il s’agit là d’une rupture technocratique classique. On abandonne la gestion qui confronte le terrain à l’administration : des CTSD qui intégraient les acteurs de terrain aux décisions de l’administration, qui ensuite se transposaient dans les communes. Cette année commence une autre ère, celle managériale et technocratique : l’administration calcule très algorithmiquement les besoins en poste, et rétrocède aux élus une enveloppe à se partager, au passage en ayant éliminé le paritarisme et le regard de la profession sur la question. Fin de la discussion.

Cela est gravissime. Car cela se traduira par des jeux de pouvoir dont les victimes seront les plus petites communes. A l’heure où les gilets jaunes ont porté sur le devant de la scène la souffrance des campagnes, l’administration décide de procédures qui vont à très court terme détruire ce qui reste encore de service public et de solidarité.

Prévisions d’effectifs du rectorat