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Conclusions du Grenelle de l’Éducation inacceptables : vers la fin du service public d’Éducation |TOUTES et TOUS EN GRÈVE LE 04/02

vendredi 29 janvier 2021

Mi-décembre, la FSU avait quitté le « pseudo Grenelle » de J.M. Blanquer en dénonçant la parodie de concertation du Ministre de l’Éducation Nationale. Il a seulement profité de cette « grand messe coûteuse et tape à l’œil », réunissant des DRH, des sportifs et des chefs d’entreprises (3 fois sic !) pour la diffusion de SA « vision » de l’école publiée dès 2016 dans son livre « L’école de Demain ».

La « participation » de la FSU aux ateliers de Grenelle se soldait par le constat de l’impossibilité de faire avancer des propositions du fait même du dispositif choisi : il n’était pas question d’une concertation, mais bien d’une opération de communication sur une vision déjà arrêtée et peu ouverte au dialogue.

La parole des personnels au travers de celle de leurs représentant·es syndicaux est niée, submergée par celles « pseudo expert·es » soigneusement choisi·es par le ministère, dont certain·es n’ont pour seule expérience de l’école que de l’avoir fréquentée durant leur jeunesse, assuré.es pourtant de détenir les solutions malgré leur méconnaissance évidente du système scolaire et de ses réalités. Nous ne sommes même pas sûr·es qu’elles et ils ont fréquenté le système public avant d’intégrer grandes écoles et autres filières ultra-sélectives.

La FSU 72 et le SNUipp-FSU 72 ne s’attendaient pas à une quelconque « bonne surprise ».

Pour autant, ce qui ressort des première « conclusions » des ateliers du grenelle pour l’avenir de notre profession est au-delà de nos pires prédictions :

  • Fin de l’avancement à l’ancienneté : l’ensemble des augmentations de salaires seraient donc obtenues via l’avancement au mérite.
  • La rémunération pourrait varier selon « le mérite » : la revalorisation salariale liée à un devoir d’astreinte au remplacement mais aussi à des formations suivies hors temps scolaire ou à une implication dans « des projets innovants ».
  • Retour de la directrice ou du directeur véritable chef·e d’établissement qui aurait « un véritable statut lui donnant autorité décisionnelle et fonctionnelle » et lui conférant ainsi « la possibilité de valoriser les adjoint·es par une évaluation positive ».

Ainsi les PE seraient évalué·es comme les professeur·ses du 2nd degré ; par le ou la directeur·trice et les IEN, à ceci près que dans le 2nd degré, le/la chef·fe d’établissement n’a aucune compétence sur les aspects pédagogiques et seulement sur les aspects administratifs.

De plus, en début d’année scolaire, la profession avait à nouveau rejeté massivement le changement de statut pour les collègues en charge de la direction comme lors des mobilisations contre la loi Blanquer qui avait déjà tenté d’imposer ce changement majeur.

Malgré tout cela, on peut lire dans les conclusions du Grenelle que « la délégation aux chefs d’établissement de l’évaluation de leurs adjoints est un gage de meilleure connaissance des personnels et de l’action qu’ils conduisent. »

Avec ces conclusions, directement venues de la rue de Grenelle, le ministre Blanquer continue de dérouler sa politique néolibérale destructrice du service public d’éducation.

D’ailleurs, le ministre considère clairement l’Éducation Nationale comme une grande entreprise qu’il faut manager, qu’il faut brutaliser pour qu’elle avance.

Les conclusions empruntent le langage de l’entreprise dans chacun de ses axes. Son inspiration est clairement la catastrophique réforme de l’Éducation mise en œuvre sous G. W. Bush, intitulé « No Child Left Behind ». Celle-ci a profondément et durablement cassé le système scolaire public américain. Aujourd’hui encore, ses conséquences dévastatrices se répercutent sur la grande majorité des classes populaires et des classes moyens américaines.

Dans le rapport issu du Grenelle, de nouvelles missions seront proposées aux enseignant·es qui auraient été « identifié·es dès le début de carrière pour leur potentiel d’encadrement ». D’ailleurs à la formation initiale pourrait être intégrée « une formation à la gestion des ressources humaines, en entreprise et en collectivité ».

« Il convient d’apprendre le plus tôt possible »l’alphabet du management« et de permettre aux enseignant·es de penser leurs qualités autrement qu’au travers du prisme des savoirs disciplinaires et pédagogiques. »

Ainsi, dans nos écoles et établissements correctement managé·es avec des enseignant·es tout aussi bien piloté·es, les familles seraient accueillies dans « un lieu convivial qui pourrait être dédié aux rencontres et rendez-vous des professeurs avec les familles » pour pouvoir ainsi « les fidéliser ».

Le bien être des enseignant·es est bien sûr pensé dans ce grenelle. Ainsi, seraient passées « des conventions avec des mutuelles de santé afin qu’elles apportent leur aide en cas de besoin, notamment pour un suivi médical ou psychologique ».

Et enfin cerise sur le gâteau, pour redorer le blason de la profession rien de tel qu’une nouvelle série télévisée, un peu comme l’Instit... !!!

Allons-nous laisser ainsi Blanquer détruire notre métier et annihiler l’essence même de ce que représente le service publique d’éducation ?

Nous devons lutter.

C’est en tout cas le choix du SNUipp-FSU et de la FSU que de tout faire pour informer la profession et les familles pour organiser les résistances afin de mettre un coup d’arrêt à ce projet de casse complète du service public d’Éducation et.

La fin des CAPD et la future disparition des CHSCT a déjà mis en lumière la violence d’un système où seule la parole de l’administration est prise en compte.

Le 26 janvier était la première étape, le 4 février faisons en sorte d’être nombreuses et nombreux à défendre notre profession.

L’Éducation n’est pas une marchandise et L’Éducation nationale n’est pas une entreprise !

A lire également, l’analyse de Jarraud dans le café pédagogique.

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