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Pass sanitaire… Face aux attaques et à la désinformation, pas de divisions !

La carte Pass-tale du SNUipp-FSU 72

lundi 16 août 2021

En vacances, mais pas tout à fait, l’équipe du SNUipp-FSU 72 a pensé à vous envoyer une carte « pass-tale » et vous pouvez nous répondre en nous écrivant par courriel

Les contributions écrites des syndiqué.es (ou des extraits) seront publiées sur ce site, et dans notre bulletin de rentrée, avec l’accord des auteur.es.

Nous ne tomberons pas dans le piège tendu par Emmanuel Macron et ses allié·es... Celui qui, plus vite que son ombre, décide de tout, tout seul. Plus vite que son ombre, avant que simulacre de débats et décisions ne soient, sans surprise, entérinés par une assemblée de bénis oui oui...

Mise à jour : 28 août 2021

Pas de tour de pass pass

Non, nous ne nous déchirerons pas, face à cette mascarade. Nous n’accepterons pas l’exclusion, la mise au ban et la mise à l’écart de celles et ceux d’entre nous qui contestent les obligations imposées, les injustes sanctions, qui se posent des questions, qui doutent...

Alors que depuis 2 ans, est menée une politique sanitaire individualiste et culpabilisante (quand elle n’est pas mensongère... Cf l’épisode des masques), les attaques contre notre système de santé se poursuivent. Annonces en trompe l’œil concernant l’hôpital public et les soignant·es, encore une fois déclamées, la main sur le cœur, par celui qui préside à toutes les décisions... Et qui continue de faire fermer des lits, des classes tout en recrutant toujours plus de policier·ères...

Aucune leçon n’est tirée face aux dégâts engendrés par le manque criant de moyens alloués aux services publics (santé, éducation, social, justice, environnement...)... Un désengagement transpartisan mis en œuvre par une succession de différents gouvernements, encore accéléré et amplifié lors de ce quinquennat.

La politique de santé publique comme la campagne de vaccination sont en dessous de tout. Menaces et sanctions en sont les maîtres mots, tout en laissant des pans entiers de la population sans accès aux soins, aux vaccins et à la prévention.

Si nombre d’entre nous sont convaincu.es des bienfaits d’une vaccination massive, c’est avant tout et toujours dans une démarche collective, pour gagner ensemble et solidairement une protection commune, en particulier pour les plus fragiles d’entre nous. Pour autant, elle doit nécessairement s’accompagner d’une levée immédiate des brevets (licences libres) pour favoriser l’accès à une protection vaccinale au plus grand nombre et d’une refonte complète du système de santé fondée sur la solidarité, la proximité et l’excellence pour toutes et tous.

Directement ou indirectement touché·es par la pandémie, ce sont d’abord des millions de personnes en France, des milliards dans le monde, jeunes (enfants et étudiant.es), aîné.es, mais aussi de salarié·es (travailleuses et travailleurs, chômeuses et chômeurs) qui souffrent et sont maltraité.es lors de cette « crise ».

Ces raisons doivent nous pousser et nous guider pour parvenir à construire un modèle de société écologique, solidaire, égalitaire et juste.

Cependant, la vaccination doit rester un choix personnel, et elle ne peut être ainsi imposée à toutes et tous sous la contrainte et la sanction.

Toutes les voies pour diminuer les effets de cette pandémie doivent continuer à être recherchées :

  • L’investissement de l’État dans le service public de santé doit rapidement prendre de l’ampleur et nous devons lutter contre les causes conduisant à l’expansion de cette pandémie : perte de biodiversité, dérèglement climatique, mondialisation des échanges, affaiblissement immunitaire des populations par la sédentarisation, la malbouffe et la pollution…

De plus, comment ne pas s’inquiéter devant le renforcement de la surveillance de la population induit par la mise en place du pass sanitaire, intervenant après le vote de la loi sécurité globale cette même année. Comment ne pas voir qu’en limitant la liberté de chacun.e, ce sont les libertés de tous.tes qui sont menacées ?

Tenter de convaincre en débattant, en s’écoutant, en se faisant collectivement confiance. Tout ceci à l’opposé de la culpabilisation/punition orchestrée par un pouvoir toujours plus isolé, autoritaire et violent.

Nous avons mieux à faire que de céder aux tentatives de divisions et dispersions.

Ensemble, nous avons à combattre contre toutes les réformes liberticides et antisociales, notamment celles de l’assurance chômage et des retraites qui frapperont encore et toujours les mêmes : les plus faibles et les plus précaires... Tout en favorisant toujours plus les plus riches [1].

Nous n’accepterons pas non plus, une nauséabonde récupération politique d’une extrême droite toujours prompte à dévoyer de légitimes colères pour avancer ses valeurs et ses idées excluantes, violentes et individualistes, à l’opposé de nos valeurs progressistes.

Nous avons tellement mieux à faire, et nous allons le faire. Toutes et tous, fortes et forts de la pensée née de nos échanges, de nos accords et désaccords assumés.

C’est ensemble, dans la rue et les mobilisations à venir que nous construirons les alternatives nécessaires pour un vrai monde d’après qui remettra en cause les projets de celui qui veut nous renvoyer dans le monde d’avant.

Monde d’avant où faisant fi des ignobles inégalités, l’appauvrissement des plus pauvres et l’enrichissement des plus riches se perpétuent... Et s’accélèrent...

Ensemble, sans division, poursuivons le débat et les mobilisations... Ensemble, nous allons le faire...

L’équipe du SNUipp-FSU 72

Pour poursuivre le débat, écrivez-nous en cliquant ici : snu72[at]snuipp.fr

Les contributions écrites des syndiqué.es (ou des extraits) seront publiées sur ce site, et dans notre bulletin de rentrée, avec l’accord des auteur·es.

Les témoignages

Témoignage n°1 :

Depuis les annonces de Macron le 12 juillet, je suis très très en colère… En colère entre autres parce que nos dirigeants incompétents ont encore menti !

Parce qu’un seul homme n’a laissé aucun répit à celles et ceux qui attendaient la fin des vacances pour se faire vacciner, les punissant du même coup... Furieuse, je me suis même juré de ne plus fréquenter les lieux exigeant le passe, ce que je n’ai pas réussi au début mais que j’arrive à respecter maintenant…

Je suis vaccinée et favorable à la vaccination de la population.

Cependant, je suis contre le passe sanitaire…

Tout d’abord parce qu’il divise la population en deux catégories : l’une raisonnable et sensée qui se fait vacciner et l’autre rendue responsable de la crise sanitaire parce qu’elle doute et se pose des questions…

Parce que la défiance d’une partie de la population vis à vis du vaccin est de la responsabilité du gouvernement qui ne fait que mentir depuis le début de la crise. En plus d’accélérer la diffusion des vaccins à toute la population, la levée des brevets permettrait aussi de regagner la confiance de celles et ceux qui ne se font pas vacciner.

Parce que cette crise sanitaire sert d’excuses au gouvernement pour réduire un peu plus nos libertés et que ce passe est encore un moyen de surveiller la population…

Parce que ce passe ne résoudra en rien les problèmes liés aux déserts médicaux ni les difficultés d’accès aux centres de vaccination pour les populations les plus isolées…

Parce qu’il y a déjà dans notre population celles et ceux qui peuvent aller au respaurant, musées, théâtre et cinéma et celles et ceux qui n’y vont jamais (par isolement et faute de moyens). Ce passe n’incitera aucunement ces dernier·es à se faire vacciner, surtout si elles ou ils habitent loin d’un centre de vaccin.

Parce que nos gouvernements succéssifs sont les principaux responsables de l’effondrement de l’hôpital public, du manque de moyens et de la fermeture de lits, même en plein COVID… Et qu’en plus, cette loi va priver l’hôpital de plusieur·es soignant·es ! Et que l’embauche de vigiles pour contrôler les passes va avoir un coût très important…

Parce qu’il est dégueulasse d’exiger ce passe pour l’accès aux soins dans les hôpitaux ou pour rendre visite aux malades ou aux proches âgés en EPHAD.

Témoignage n°2 :

Vaccinée et convaincue de l’utilité de le faire, je participe néanmoins depuis plusieurs semaines aux rassemblements organisés les samedis après-midi.

Suite aux annonces concernant l’instauration du pass sanitaire, j’ai ressenti le besoin de dénoncer l’absence de débat démocratique et l’autoritarisme dont fait preuve ce gouvernement, qui assujettit le quotidien des citoyen•es aux paris d’un seul homme. Car non, la fin ne justifie pas les moyens. D’autant plus que faire croire que la vaccination à plus de 80% nous garantira le retour à « la vie d’avant » est faux : cette crise n’est pas uniquement sanitaire, mais également sociale et écologique, et malheureusement ce scénario se répétera si les politiques publiques ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Mettre la responsabilité de sortie de crise sur les épaules des citoyen•es que l’on oppose, alors que celle-ci n’est que le révélateur des inégalités et de la crise climatique niées et renforcées par les politiques libérales de ces dernières décennies est insupportable.

Il est légitime et même rassurant que cela fasse réagir, même s’il est certain que toutes et tous ne sont pas dans la rue pour défendre les mêmes valeurs. Mais c’est le cas de tout rassemblement, même quand nous en sommes à l’initiative.

Y aller est aussi le moyen de ne pas laisser cette colère légitime récupérée et instrumentalisée par l’extrême droite et les complotistes, et d’y faire entendre les valeurs de justice et d’égalité que nous défendons.

Témoignage n°3 :

J’apprécie votre analyse, ouverte et pertinente. Et je rêve comme vous d’un monde écologique et solidaire. Et… je vous cite :

« Si nombre d’entre nous sont convaincu.es des bienfaits d’une vaccination massive, c’est avant tout et toujours dans une démarche collective, pour gagner ensemble et solidairement une protection commune, en particulier pour les plus fragiles d’entre nous. »

Mais est-ce vraiment compatible avec :

Cependant, la vaccination doit rester un choix personnel, et elle ne peut être ainsi imposée à toutes et tous sous la contrainte et la sanction.

Le choix personnel ? « S’il faut se faire vacciner pour aller boire un verre, alors, oui, sans problème, je me fais vacciner… » Convaincre prend du temps, la solidarité est encore souvent plutôt pour les autres que pour soi.
Fallait-il attendre ? Le permis de conduire et les impôts sont imposés. Et c’est tant mieux. Faut-il imposer la vaccination ?

Donc, je dirais oui à la vaccination imposée.

  • Le passe sanitaire servira-t-il d’effet d’aubaine pour nous entraîner à être fiché, contrôlé « pour la bonne cause » ?
  • Imposer le passe pour un petit bar et laisser entrer des milliers de personnes à Ikéa ou Auchan… je reconnais qu’il y a de quoi crier dans la rue !
  • En août, la moitié des barmans et restaurateurs m’ont demandé si j’avais le passe sanitaire mais ont refusé de le vérifier, me laissant responsable vis-à-vis des forces de l’ordre.


Donc, je dirais non au passe sanitaire.

Mais comment imposer la vaccination sans passe sanitaire ?

C’est un problème beaucoup plus large que prévu. Votre demande d’avis oblige à débattre.

Notes

[1] comme les patrons et actionnaires des laboratoires qui se gavent sur le dos de nos impôts quand est pourtant indispensable une levée des brevets, promise par le président Macron avant de revenir sur sa parole

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