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Carte scolaire - L’austérité se poursuit et s’aggrave en pleine syndémie !

mercredi 19 janvier 2022

La dotation scolaire pour la rentrée 2022 est maintenant connue. Elle s’annonce une nouvelle fois très largement insuffisante au regard des besoins considérables, notamment pour ce qui concerne le remplacement.

Depuis plusieurs années, notre département comme l’académie, est confronté à une baisse forte et continue d’élèves. ([Depuis R2016] Sarthe : - 4009 élèves | Académie : -14 280 élèves)

Pour la rentrée 2022, les prévisions continuent d’anticiper de fortes baisses dans les 5 départements, comme le montre notre iconographie.

Pour autant, alors que le Ministère, le rectorat et l’académie continuent de vanter l’amélioration du P/E (nombre de professeur·es pour 100 élèves) comme seul indicateur alors que dans le quotidien des classes et des écoles, la situation est très très loin de s’améliorer. La crise sanitaire est d’ailleurs un terrible révélateur du manque de moyens abyssal auquel l’École publique est confrontée.

En effet, dans une stratégie cynique et mensongère, le Ministre de l’école de la « méfiance et de la malveillance » continue en pleine syndémie à assécher les moyens de l’École.

Le SNUipp-FSU dénonce le manque criant :

  • de postes de remplaçant·es et ce bien avant le COVID et particulièrement en Sarthe (cf iconographie)
  • de postes pour alléger toutes les classes, de la PS au CM2 sur l’ensemble du territoire
  • de postes dédiés à la scolarisation des TPS (chute drastique en Sarthe de ± 14% à ±9% en 2021),
  • de postes pour permettre à toutes les écoles de bénéficier d’au moins une journée de décharge de direction hebdomadaire,
  • de postes de Plus de Maitres que de classes, dispositif purement et simplement sacrifié sans aucune évaluation alors qu’il était plébiscité par les équipes enseignantes,
  • de postes de RASED pour prévenir les difficultés scolaires au lieu de les laisser s’aggraver,
  • de postes d’enseignant·es référent·es pour améliorer la prise en charge et le suivi des élèves à besoins éducatifs particuliers,
  • d’ULIS 1er et 2d degré pour garantir la mise en œuvre effective de la loi de 2005,
  • de places en SEGPA, en IME ainsi qu’en ITEP pour permettre à toutes et tous les élèves de poursuivre une scolarité à leur rythme,

ATTENTION : des projets de fusion d’école sont actuellement en cours. Ils sont toujours synomynes de fermetures à moyen terme et se font au détriment de la maternelle. Si vous êtes concerné·es, contactez-nous sans attendre : snu72[arobase]snuipp.fr ou 02 43 77 12 26

Enquête carte scolaire 2022

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Pour mémoire, voici ce que nous écrivions l’an dernier et que la DASEN de l’époque avait balayé d’un revers de main aussi méprisant que symptomatique d’une dénégation « blanquerienne » du réel qui se poursuit et s’aggrave :
" Rappelons que la part du budget de l’Éducation Nationale dans celui de la France ne cesse de baisser. Alors qu’il était de 7,4% en 1996, il est maintenant de seulement 6,6%... Ce sont des milliards d’euros qui manquent dans les écoles et les établissements scolaires publics français, en métropole comme dans les territoires d’outre-mer. Le premier confinement a pourtant été un terrible révélateur des inégalités [1] intenables et insupportables que vivent au quotidien des centaines de milliers d’élèves dont les conditions de vie de plus en plus dégradées, voire la pauvreté (voir le site inégalités.fr) entravent le bon déroulement de la scolarité.
Ce n’est pas 5 postes dont a besoin la Sarthe pour la rentrée 2021, mais de dizaines et dizaines, afin :

d’alléger les effectifs dans toutes les écoles et toutes les classes afin de limiter le nombre d’élèves partout,
d’alléger les tâches liées à la direction d’école,
de reconstituer des brigades de remplacement dignes de ce nom,
de recréer des postes de RASED en grand nombre pour lutter efficacement, durablement et préventivement contre l’échec scolaire,
d’ouvrir des ULIS, des classes SEGPA et des places en IME et en ITEP pour permettre à chacun·e d’être accueilli·e dans les meilleures conditions possibles."

Analyse du SNUipp-FSU 72, janvier 2021

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    Vous le voyez, rien, absolument rien n’a été fait en un an pour lutter contre les causes profondes qui ont conduit au « ras-le-bol » exprimé par la très grande majorité des collègues le 13 janvier dernier. Pire, le ministre a poursuivi sa stratégie du choc scolaire et de chaos général visant à faire dysfonctionner le Service Public d’Éducation pour un objectif inavouable, mais bien réel : enclencher la privatisation de l’École publique. De plus, il tente depuis le début de la crise sanitaire, de nier ses conséquences concrètes pour les élèves comme pour les personnels afin de poursuivre sa politique d’austérité sans précédent. (rappel : le Ministre s’est lui-même vanté d’avoir rendu à ; Bercy plusieurs centaines de millions d’euros à l’issue du précédent exercice !)

C’est dans ce contexte qu’il semble déterminant de replacer la réussite de la mobilisation du 13 janvier et le refus (à nouveau !) du Ministre d’entendre la colère des personnels excédés par les changements incessants (énième protocoles et FAQ, cellule COVID injoignable, informations aux parents innombrables et ingérables, au regard du manque de moyens), par les tâches administratives qui s’entassent sans jamais s’arrêter et sans qu’aucun allègement réel ait été mis en œuvre par ailleurs.

En Sarthe, le 1er degré se voit octroyer 3 « moyens » supplémentaires, car, cette année, on ne peut plus parler de « création de postes ».

En effet, le changement de la formation initiale permet au ministre, la même entourloupe que celle mise en œuvre sous N. Sarkozy alors qu’il était n°2 du ministère (DGsco). Aucun poste créé nationalement (et ce, en pleine syndémie et alors que les écoles craquent !!!) pour poursuivre l’objectif fixé par CAP 2022, dès le début du quinquennat, à savoir : suppression de 120 000 postes de fonctionnaires.

Comme l’an dernier, les 3 « moyens » vont donc être prélevés sur le 2nd degré, qui, à nouveau, va devoir « rendre des moyens » alors que là aussi les moyens manquent cruellement.

Les classes limitées à 15 élèves notamment, si elles permettent au Ministre de créer un effet d’affichage très favorable à sa communication, sont très loin d’améliorer les conditions de travail de l’ensemble des personnels. Pire, si elles génèrent un effet d’aubaine médiatique qui masque le manque de moyen et le contrôle de plus en plus coercitif sur les pratiques pédagogiques des enseignant·es, elles induisent de fortes contraintes sur la répartition des élèves des autres classes.

Il en est de même dans l’ensemble des écoles avec les, GS, CP et CE1 limités à 24 sans moyens supplémentaires mais aussi avec les classes de GS limitées à 15 en REP+ et en REP (rentrée 2022).

Or, la limitation des classes à 15 (éduc prio) ou à 24 (hors éduc prio) comme l’augmentation des décharges de direction (non financées) engendrent des besoins bien supérieurs aux 3 moyens d’enseignement disponibles.

Il en est de même avec :

  • le manque structurel de remplaçant·es dans l’académie et encore plus en Sarthe. Le simple fait de « réaligner » la Sarthe sur les moyens des autres départements de l’Académie de Nantes nécessiterait une réaffectation de postes engendrant des fermetures de classes dans des proportions considérables,
  • le manque criant d’ULIS qui engendre une école majoritairement « désinclusive »,
  • le manque de RASED qui engendre des formes d’enkystement des difficultés scolaires au lieu, précisément, de faire de la prévention et d’y remédier le plus tôt possible. Pourtant, il s’agit de répondre à l’immense souffrance des élèves, des familles et des personnels qui font de plus en plus face aux lourdes conséquences de la violence de la crise économique et sociale,
  • la formation continue qui ne repose plus que sur des moyens faméliques et qui se réalise alors au détriment du remplacement des collègues absent·es.

Notre département et notre académie perdent des élèves. Aussi, une politique ambitieuse (notamment en pleine syndémie) devrait viser l’amélioration :

  • des conditions de scolarité de tous·tes les élèves des écoles publiques
  • des conditions de travail de personnels,
  • des conditions de formation initiale et continue des enseignant·es,
  • de rémunération de tous les personnels à commencer par les plus précaires et les plus jeunes,

Le SNUipp-FSU 72 réaffirme cette année encore, son exigence d’un plan d’urgence pour l’Éducation Nationale, pour l’École Publique afin que toutes les familles faisant confiance au Service Public puissent y trouver, pour leurs enfants, des conditions de scolarisation, d’aide et d’accompagnement. Alors que le « quoi qu’il en coûte » semble à chaque fois de mise pour venir en aide aux entreprises privées (aviation, automobile, banques, ...), il n’est pas plus longtemps acceptable que les Services Publics de la Santé comme de l’Éducation ou de la justice fassent les frais d’une pseudo-théorie du ruissellement qui ne profite qu’aux plus nantis et qui appauvrit l’immense majorité de la société !

Ce n’est pas de seulement 3 « moyens d’enseignement » dont a besoin la Sarthe pour la rentrée 2022, mais de centaines de postes pour répondre aux besoins pédagogiques, éducatifs, sociaux et sanitaires auxquels sont confrontés une immense majorité des familles, des élèves et des personnels. Dans les semaines qui viennent, nous vous appelons à vous mobiliser pour une autre école. Le SNUipp-FSU 72 y travaille en mobilisant l’intersyndicale éducation.

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