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CDEN 3 février - CDEN - DASEN désavoué

samedi 5 février 2022

Résumé du compte-rendu

Par son travail d’analyse, de conviction, de lutte pied à pied face à une carte scolaire inacceptable, la FSU 72 a réussi à faire basculer de très nombreux votes lors du CDEN.

Même les organisations minoritaires qui s’étaient abstenues en soutien au DASEN et donc à la politique du Ministre Blanquer ont changé de position pour finalement voter Contre les mesures imposées. Demandant initialement des mesures « raisonnables » par le retrait de 5 fermetures [1], l’UNSA suivi du SGEN-CFDT [2] ont fait une véritable volte-face en voyant se durcir les positions de la FCPE qui à de nombreuses reprises a exprimé partager les analyses critiques parfaitement fondées de la FSU. Il en fut de même de l’AMF et de l’AMRF [3] qui ont déploré le manque de dialogue, la grande injustice des mesures prises et le caractère inacceptable de cette carte scolaire. Même l’élue du Conseil départemental s’est retrouvée à voter contre le projet de carte scolaire présentée.

Suite aux interventions de la FSU, qui ne s’est jamais résignée et a continué à se battre, c’est quasiment l’entièreté [4] du CDEN qui s’est opposée collectivement aux mesures injustes prises par le DASEN.

Une fois encore, la FSU a fait preuve de responsabilité, de sérieux, d’intégrité et de combativité en ayant voté, dès le CTSD du 26/01, contre le projet de carte scolaire de l’administration quand d’autres se sont abstenu·es sans pouvoir expliquer l’utilité d’un tel signal.

Par ailleurs, alors que l’UNSA s’est exprimée en direction du DASEN pour lui demander de retirer 5 mesures, la FSU s’est exprimée en direction du Préfet (qui lui co-préside le CDEN) pour lui faire part de ses analyses. Or, le Préfet n’a jamais invalidé les analyses de la FSU et ne l’a pas contredite.

La FSU a donc joué son rôle et tenu sa place.

Organisation majoritaire, de lutte et de transformation sociale, représentant toute le profession, ses élu·es ont démontré une nouvelle fois que c’est par la lutte que l’on crée de véritables rapport de force ! Preuve en est ! Suite aux 18 votes contre, le DASEN a été contraint, même très partiellement de reculer sur sa carte scolaire.

2 fermetures annulées après le CDEN :

  • Chérancé/Rouessé-Fontaine/Grandchamp
  • Chenu /Saint-Germain-d’Arcé

DASEN dans la presse :

« Nous portons une attention particulière aux écoles rurales. J’ai pris en considération les propos qui ont été tenus lors du CDEN et cela m’est apparu nécessaire de revenir sur deux fermetures. Celles-ci concernent des RPI de trois classes avec multiniveaux, situés dans des territoires isolés. »

La FSU déplore qu’à l’identique des méthodes mises en œuvre par le Ministre de l’Éducation Nationale, M. le Directeur Académique ait informé la presse sans prendre soin d’informer préalablement la profession des changements qu’il a opérés, après le CDEN.

Introduction

A l’issue d’un CDEN où la parole a été largement dominée par les représentant·es du personnel de la FSU, et où les associations de parents et de maires du département ont elles aussi exprimé leur mécontentement face à la carte scolaire et aux 46 fermetures de classes prévues, le DASEN a maintenu son projet de carte scolaire, et le vote en contre a été quasi unanime avec 18 votes contre , 1 pour (le représentant du Conseil Régional), 1 abstention (la représentante de la FAL).

Liste des mesures de carte scolaire

C’est donc un premier échec pour le nouveau DASEN qui, malgré un discours vantant le dialogue social, n’a pas su entendre les voix du terrain, qu’elles viennent des personnels, des parents, ou des élu·es du territoire sarthois.

En début de séance, la FSU rappelait qu’elle avait demandé (en accord avec les autres organisations syndicales) un report du CDEN, puisqu’il était prévu en même temps que le congrès national de la FSU à Metz. Le DASEN ayant refusé ce report, c’est donc dans des conditions difficile que la moitié de la délégation FSU a siégé à ce CDEN.

Cela ne nous a pas pour autant empêché·es de défendre assidûment les écoles et de porter la voix du terrain pendant la majeure partie de ce CDEN, appuyé·es en cela par les représentant·es des parents d’élèves et des élu·es de la FCPE et des maires sarthois·es ( AMF et AMRF).

En avant-propos, la FSU a exprimé son désaccord avec la carte scolaire présentée, et le manque d’écoute de la part de l’administration des remontées du terrain faites par les représentant·de la FSU 72 : après 6 heures de CTSD, aucune modification n’a été proposée malgré le travail de recension des conditions de travail, des effectifs actualisés et des situations propres à chaque école.
Aucun moyen supplémentaire n’a été attribué, ni dans les REP et REP+ où les exigences de classes dédoublées à 12, 13 ou 15 ( le DASEN restant flou sur le nombre maximum d’élèves dans ces classes), ni dans les territoires ruraux durement touchés par les fermetures de classes envisagées.

Celles-ci accentuent encore les inégalités entre les territoires ruraux et les écoles de ville, entre les classes de GS/CP/CE1 dont les effectifs sont limités et les autres niveaux, que ce soit en éducation prioritaire ou ailleurs.
Les classes non concernées par les dispositifs de limitation à 24 ou à 15 en REP+, voient dans beaucoup d’écoles leurs effectifs dépasser la moyenne départementale !

Dans ce contexte de crise sanitaire, la FSU a constaté avec regret la poursuite de la dégradation des conditions de travail des personnels et nous avons pointé la non prise en compte du mal-être des élèves et des enseignant·es , qui subissent depuis des mois une école en pointillés, entre la multiplicité des cas contact et des tests à effectuer, les enseignant·es non remplacé·es, les classes fermées à la demande de l’ARS ! Nos collègues sont les premier·es témoins de l’abandon de l’école et de ses élèves, fragilisé·es par cette crise et privé·es du bien-être indispensable à leur épanouissement. Iels doivent être entendu·es !

Cette carte scolaire d’austérité ne répond pas aux attentes légitimes du service public d’éducation. La FSU a dénoncé cette absence de dialogue social et a invité les membres du CDEN à s’opposer à cette carte scolaire en votant contre !

Lors du CDEN, la FSU a attiré l’attention sur plusieurs points qui posent problème :

Focus n°1 : Différence importante de prévisions au désavantage des écoles

Comme les années précédentes, la FSU a dénoncé, pour au moins 13 écoles, des différences importantes d’effectifs, entre les prévisions faites par les directrices et directeurs d’école, et celles retenues par la DSDEN, au détriment des écoles, dans la majorité des cas. La FSU a rappelé que les directrices et directeurs sont les expert·es du terrain en ce qui concerne leur école, et que l’administration doit leur faire confiance. La FSU a démontré, exemples à l’appui, que la réalité des chiffres à la rentrée justifie le plus souvent les ouvertures ou non fermetures défendues lors des CDEN de février et de juin précédents. C’est le cas pour les écoles de Parigné l’évêque maternelle, René Descartes Le Mans, Arthur Rimbaud Le Mans, et Saint Exupéry de Sablé

Focus n°2 : conséquences d’une fermeture pour les écoles de 4 classes et moins

  • Écoles qui passent de 4 à 3 classes : perte de la décharge hebdomadaire.
    La FSU a pointé les conséquences de ce passage de 36 journées à 12 journées annuelles, en terme de désorganisation de l’école, et de surcharge de travail pour la directrice ou le directeur.
  • Écoles qui passent de 3 à 2 classes ou de 2 à 1 classes : seuil critique pour la survie des écoles. La FSU a rappelé qu’en dessous de 3 classes, l’expérience prouve que l’école est en danger de disparition, la fermeture d’une classe entrainant une fuite des familles restantes vers des écoles avec un nombre de classes plus important. Ce n’est pas sans conséquence sur la dynamique des communes elles-mêmes, qui connaissent plus de difficultés à attirer de nouveaux foyers. De plus, de nombreuses communes rurales ont engagé d’importants investissements ces dernières années dans les écoles, restaurants scolaires, structures périscolaires, et regrettent que ces efforts soient ainsi bien mal récompensés...Ce n’est pas un bon signal pour que les communes modernisent et rénovent leurs écoles que de fermer ainsi leurs classes.

Focus n°3 : Éducation Prioritaire

La FSU avait soulevé lors du CTSD du 26 janvier un certain nombre d’incohérences dans plusieurs écoles d’éducation prioritaires, où l’effectif hors classes dédoublées était supérieur à 25, voire même supérieur à 27, ce qui est bien supérieur à la moyenne départementale qui se situe autour de 22 élèves par classe. Un comble pour des écoles de REP et REP+ qui sont censées bénéficier d’effectifs allégés !
La DSDEN a enfin répondu (partiellement) aux interrogations réitérées de la FSU concernant le nombre d’élèves en GS, CP et CE1 en éducation prioritaire, en indiquant que la moyenne dans ces classes devait se situer à 13 ou légèrement au-dessus, afin de pouvoir accueillir de nouveaux élèves à la rentrée ou en cours d’année, sans dépasser 15.
La DSDEN a donc diminué le nombre de classes dédoublées dans moins d’une dizaine d’école, pour répartir plus facilement les élèves des autres classes, sans pour autant faire les ouvertures nécessaires demandées à Massenet Allonnes, Jean Vilar Le Mans, Sablonnières Le Mans, Jules Ferry Allonnes.

Focus n°4 : L’effet Cordy* : ouvertures en septembre, fermeture en juin, ou l’inverse

La FSU avait déjà dénoncé au CTSD l’effet déstabilisant pour les écoles et les équipes de l’effet Cordy*, alternance dans la même école d’ouvertures en septembre suivies de fermetures à la rentrée suivante, ou l’inverse...
Cela concerne pas moins de 6 écoles : Picasso Le Mans, Pape Carpantier Le Mans, Teloché, Tuffé, Cité des pins le Mans et Calmette élémentaire Le Mans.
La FSU demande un moratoire pour que les ouvertures de classes faites dans les écoles soient maintenues au moins deux années scolaires afin de pallier à un « creux » provisoire des effectifs, et de maintenir une stabilité des équipes enseignantes.

*Annie Cordy, célèbre sociologue a théorisé cet effet qui porte son nom dans son ouvrage le plus célèbre intitulé « Tata Yoyo ». L’effet Cordy, aussi appelé effet Yoyo, décrit par la chercheuse, se caractérise par une alternance d’évènements positifs et négatifs, entraînant une instabilité et une fragilisation des structures, individus ou collectifs qui le subissent...

Focus n°5 : mise en danger des TPS

La FSU dénonce la forte baisse de la scolarisation des TPS (moins de 3 ans) qui est passée en Sarthe de presque 14% en 2018 à seulement 9% actuellement.

  • En éducation prioritaire, les écoles Massenet, Jean Vilar, bénéficient sur le papier d’un dispositif moins de 3 ans (effectifs limités) dont le fonctionnement et la spécificité sont remises en cause sans moyen supplémentaire attribué.
  • Dans les secteurs ruraux, la fermeture ou la non ouverture de classe ne permettra plus d’accueillir des TPS : c’est le cas à Semur en Vallon, Torcé en Vallée, et dans bien d’autres écoles rurales ou urbaines.

La FSU rappelle que les études menées sur la scolarisation avant 3 ans montrent toutes le bénéfice apporté aux enfants qui en bénéficient dans de bonnes conditions (pas dans des classes surchargées), tant au niveau du développement psychologique et social, que des apprentissages.

Dans les secteurs ruraux, la scolarisation à moins de deux ans est aussi un enjeu de défense de l’école publique (voir notre focus n°6 ) et de développement du territoire ( voir notre focus n°2).

Focus n°6 : concurrence avec le Privé

Dans de nombreux secteurs (Le Mans, Loué, Ballon, Malicorne, Sablé, La Flêche, Bazouges/Cré, Auvers Le Hamon), l’école publique est en concurrence avec l’enseignement privé, ce que la FSU dénonce depuis toujours.

Les fermetures de classes dans le public, en apportant un signal négatif, encouragent les fuites vers l’enseignement privé, où certaines familles croient pouvoir trouver de meilleures conditions d’apprentissages pour leurs enfants.

L’éducation nationale, par les mesures d’austérité qu’elle impose aux écoles publiques, ne joue pas son rôle de défense du service public d’enseignement, bien au contraire.

Focus n°7 : RPI

7 RPI sont touchés par une fermeture de classe, ce qui compromet la viabilité de ces regroupements d’écoles rurales, conçus au départ pour éviter des fermetures de classes, voire d’écoles, et éviter des classes à 4 niveaux ou plus. La FSU dénonce les fermetures en RPI qui vont contraindre certaines communes à ne plus avoir qu’une classe, ou même à fermer l’école dans un des villages.
La FSU alerte les élu·es comme les équipes enseignantes sur l’inefficacité et le danger de signatures de conventions avec la DSDEN, qui exigent la concentration des classes sur un seul site et/ou la fusion d’écoles, en échanges d’une hypothétique protection contre les fermetures de classes.

En 2017, la FSU avait été à l’origine de la création du collectif « Pas de village sans école ! », véritable travail d’intelligence commune, de longue durée, né de notre colloque sur l’école rurale.

5 ans après, notre retour d’expérience le prouve : ces conventions amènent à court terme la disparition d’écoles et les fermetures de classes, comme pour le RPI de Ligron, pour lequel une convention avait pourtant été signée !

Focus n°8 : décharges de direction

La FSU constate l’insuffisance des mesures d’amélioration des décharges de direction prévues par le ministère. Seules 20% des écoles sont concernées, et parmi elles, les écoles de moins de 4 classes n’ont toujours pas de décharge hebdomadaires (voir focus n°2).
A la rentrée 2022, les directrices et directeurs des écoles de 12 et 13 classes seront entièrement déchargés de leurs fonctions d’enseignement. Mais dans notre département, un certain nombre d’écoles comptent plus de 13 classes :

Changé (16 classes), Catherine Paysan à Bonnétable (15), Albert Camus à Coulaines (16), Pergaud-Lapierre (17), Epau (14), Sablonnières (16) et Bachelard (17) au Mans, St Exupéry à Sablé (17). Pour ces écoles de plus de 13 classes, dont la charge administrative liée au fonctionnement de l’école est très lourde, la FSU revendique plus d’une décharge complète, en attribuant par exemple, une journée de décharge supplémentaire à un·e adjoint·e ou plusieurs.

Focus n°9 : éléments nouveaux sur certaines situations d’écoles

La FSU a estimé inutile de revenir individuellement sur chacune des situations des 46 écoles concernées par une fermeture, cela ayant déjà été fait pendant plus de 6 heures lors du CTSD du 26 janvier, en pure perte.

Cependant, des éléments nouveaux ayant été portés à sa connaissance, la FSU est intervenue en détail sur les situations suivantes :

  • école Primaire Gai Levant de Sablé sur Sarthe : besoin d’une ouverture
  • école élémentaire de Loué : annulation nécessaire de fermeture
  • école maternelle Victor Hugo de Mamers : annulation nécessaire de fermeture
  • écoles de Ruaudin : annulation du projet de fusion portée par la municipalité contre l’avis des conseils d’école

Notes

[1] pourquoi 5 ??? Sur quels critères ? Les 41 autres écoles apprécieront !

[2] à nouveau, le SGEN n’a pas cru bon de s’exprimer... Aucune intervention, aucune analyse, aucun travail...

[3] Association des Maires de France et Associations des Maires ruraux de France

[4] 18 contre sur 20 voix

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