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Changer de ministre mais surtout de politique !

samedi 21 mai 2022

Pap Ndiaye vient d’être nommé ministre de l’Éducation, en remplacement de Jean-Michel Blanquer. Après cinq années désastreuses, le SNUipp-FSU appelle un changement radical de politique éducative.

La récente nomination de M. Pap Ndiaye comme ministre de l’Éducation Nationale est un symbole de rupture avec un précédent ministre totalement discrédité. Cependant le symbole ne saurait suffire, et doit s’accompagner d’un changement de politique éducative. Pendant les cinq dernières années, désastreuses pour le service public d’éducation, les personnels ont ainsi été méprisés et les inégalités renforcées, notamment au détriment des élèves issus des classes populaires comme le montre une récente enquête de la DEPP. Il est indispensable de mettre fin au poids des déterminismes sociaux dans la réussite scolaire.

Une rupture nette avec les politiques éducatives menées est non seulement nécessaire, mais aussi urgente. Pourtant, le programme du président de la République prévoit de poursuivre le resserrement sur « les fondamentaux » qui réduit l’ambition scolaire, d’amplifier la mise au pas des enseignant·es comme dernièrement avec la mutation d’office de six enseignant·es de l’école Pasteur en Seine Saint Denis, de généraliser “l’expérimentation marseillaise” créant ainsi des inégalités territoriales pour les écoles, d’instaurer un salaire prétendument au “mérite” et de mettre en concurrence les personnels comme les écoles... Ces mesures augmenteraient le caractère inégalitaire du système scolaire et conduiraient à une dégradation encore plus forte des conditions d’exercice du métier et aggraveraient encore la crise du recrutement.

Le nouveau ministre devra changer de politique éducative comme de méthode et être à l’écoute des personnels. En effet, la consultation des personnels lancée par le SNUipp-FSU entre janvier et mars 2022 montre que 95% des personnels ne font pas confiance à la rue de Grenelle. Le nouveau ministre devra donc user d’un véritable dialogue avec les personnels et les organisations syndicales qui les représentent pour rétablir cette confiance.

En premier lieu, il faudra prendre des décisions rapides en matière de revalorisation salariale : dégeler le point d’indice et rattraper des années de déclassement salarial.
Sur le plan des conditions de travail, des moyens doivent être débloqués pour alléger les effectifs partout afin de faire réussir tous les élèves, et pour assurer tous les remplacements.
De réels moyens doivent être donnés pour une école réellement inclusive tandis que les AESH doivent bénéficier au plus vite d’un statut de la Fonction publique et d’un salaire digne : il faut en finir avec les temps de travail incomplets non-choisis.
Plus globalement, l’école a besoin d’enseignant·es surnuméraires, enseignants et d’enseignantes spécialisées, réseaux d’aides, psychologues, infirmières, assistantes sociales... pour disposer de véritables équipes pluri-professionnelles afin de prendre en charge tous les élèves.

L’urgence pour cette rentrée scolaire sera également de recruter suffisamment d’enseignants et d’enseignantes. Au vu de la crise inédite du recrutement en cours et de la course au recrutement des contractuels qui vient de démarrer, il s’agira ensuite de prendre à bras le corps la question de l’attractivité du métier qui se pose de manière cruciale.

Le SNUipp-FSU sera là pour faire entendre la voix de celles et ceux qui font l’école au quotidien, pour porter un projet ambitieux, pour une école égalitaire et émancipatrice et pour s’opposer au projet néolibéral d’Emmanuel Macron.

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